Stérilité

Jeudi 28 décembre 2006
            l'Essor n¢ª15857 du - 2006-12-22 08:00:00                                    

Elles sont rapidement montrées du doigt quand l'enfant tarde à apparaître dans le cercle de la famille

[Au Mali] Les femmes stériles sont très souvent mises à l'index. Car la plupart des couples aspirent à un enfant. En cas de difficulté, la femme est rapidement accusée de stérilité. Rarement, l'homme est mis en cause.

C'est pourquoi quand une femme mariée met du temps à mettre un enfant au monde, elle est assaillie par les soucis voire l'angoisse. Elle a peur du rejet de la part du mari et de l'exclusion de la part de la belle famille. Le destin d'une épouse qui n'enfante pas n'est guère enviable.
Les femmes en souffrent affreusement. Entre les quolibets des autres femmes de la famille et le mécontentement de la belle-mère, la femme stérile ne sait pas où donner de la tête. Le plus souvent, elle a maille à partir avec la belle-mère qui ne cache pas son désir de trouver une autre épouse pour son fils, capable de lui donner un petit enfant. La guerre de tranchée que la mère du mari lui livre finit par empoisonner l'ambiance familiale.

Frictions dans le couple. Difficile pour l'épouse, déjà accablée par le fait de ne pas pouvoir sauter son enfant sur ses genoux, de résister à cette atmosphère délétère. Et le mari de son côté, qui se montre le plus souvent patient s'il aime son épouse, finit par prêter une oreille attentive aux remarques sans cesse renouveler de sa mère sur le danger de mourir sans avoir des héritiers. De la perte de patience du mari naissent des frictions dans le couple. Un homme sans enfant peut vivre dans la psychose du devoir non accompli de payer une dette à ses parents. Il nourrit le complexe de culpabilité de ne pouvoir assurer la survie de la lignée.
Une femme sans enfant est désignée sous de nombreux vocables en bambara, plus cruels les uns que les autres : "konan mousso" ou "koli mousso" (une femme incapable de procréer), "den wolobali" (une femme qui n'a jamais donné la vie, "borokè" (la grassouillette). Pour échapper au tourment, il y a des femmes qui engloutissent tous leurs biens dans des consultations occultes. Elles deviennent des proies faciles pour les charlatans. Rarement, le succès est au bout de ces médications coûteuses voire dangereuses pour la santé de l'épouse et de son mari.
Veuf et octogénaire, le vieux Issa Samaké se rappelle toujours le calvaire vécu par sa défunte épouse qui ne lui a pas donné d'enfant. "À notre temps, on jugeait qu'un mariage est réussi si la femme sortait de la chambre nuptiale avec une grossesse. Ma femme est restée plus 18 ans sans enfant après notre mariage. Elle était très mal traitée par mes parents et mes sœurs. Un jour, elle me supplia de prendre une deuxième épouse. Je subissais déjà la pression de la famille. Je me suis donc remarié. La nouvelle épouse me donna 3 filles et 2 garçons. Les choses se compliquèrent pour ma première épouse. La pression psychologique de la famille se transforma en affection pour elle. Ma première femme, méprisée et isolée dans ses appartements, tomba malade et mourut de chagrin. Ce destin implacable continue de hanter ma vie, car cette femme a tout subi par amour pour moi", témoigne le vieux Samaké.
Le témoignage de Oumou Sidibé est tout aussi pathétique. "Si on pouvait acheter un enfant, je donnerais tout l’or à celui qui vend le sien. Je venais d'avoir 33 ans quand un médecin m'a annoncé que j'étais stérile". Le monde s’écroula sous mes pieds. Ce que j'appréhendais fini par arriver. L'angoisse de l'avenir, la difficulté survenue dans nos relations, les colères mesquines de mon mari, la révolte contre l'incompréhension de tous à mon égard ont brisé mon foyer et j’ai divorcé." Elle a contracté trois mariages tous ratés pour cause de stérilité. La pauvre dame vit aujourd’hui chez ses parents. Elle ne désarme pas pour autant. Elle est résolue à recourir à la contraception artificielle. "Mettre un enfant au monde est une expérience fondatrice extraordinaire. Actuellement, je suis des traitements. Même si je dois subir une implantation de fœtus, je ferai un enfant inch Allah", assure d'une voix ferme Oumou Sidibé qui est proche de la quarantaine.
Bagnélé Camara a vécu cette situation pendant 23 ans de sa vie. "N’ayant pas enfanté pendant 23 ans de mariage, mon mari m’a fait subir tous les supplices du monde. Il s’affichait avec les femmes devant tous et me traitait de "femme stérile" à tous bout de champs. Ses parents ne réagissaient pas. Pour eux, une femme qui n’arrivait pas à faire un enfant n’a pas le droit de se plaindre des conquêtes de son mari. Mes parents m’ont soutenu et me conseillaient de quitter le foyer. Il a eu 5 enfants en dehors du foyer dont des jumeaux avec sa secrétaire. Je suis une bonne musulmane. Mes prières furent exaucées à 41 ans. J'ai eu des jumelles. Et deux ans après un garçon naquit", raconte-t-elle le sourire aux lèvres. Elle vit aujourd'hui dans un foyer apaisé, avec son mari et de ses 3 enfants.

Le salut par la science.
Aujourd’hui bien des couples font appel à la procréation médicalement assistée pour avoir un enfant. Mais cette solution n'est pas loin d'un parcours du combattant. Les progrès de la médecine permettent aussi de déterminer l’origine de la stérilité du couple. Mais plusieurs sources médicales assurent aujourd’hui qu’un tiers des cas d’infertilité est d’origine masculine. L’âge de la femme est important car la fécondité naturelle diminue progressivement au fur et à mesure que l'âge avance.
La stérilité n'est pas une hantise pour l'étudiante Adam Diallo. Elle veut d'abord terminer ses études, réussir sa carrière, s’installer confortablement avant de faire un bébé. L'ingénieur Fatoumata est une indécrottable optimiste. Elle prend la vie du bon côté. "Depuis 18 ans, j’ai voulu prouver au monde entier que j’étais la plus douée. J’ai eu du mal à ne pas me marier avant le terme de mes études et l'obtention d'un bon "job", témoigne-t-elle, ajoutant qu'à présent elle se sent enfin prête à assumer un enfant. Je suis prête aux plans financier, matériel et affectif. Je pense que le problème de la stérilité est un faux problème".

Doussou DJIRÉ
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LE DIALOGUE, UNE SOLUTION

L’image que notre société se fait des femmes ne joue pas toujours en leur faveur. Mères et gardiennes du foyer, elles sont garantes de la pérennisation de ce qui fait l’essence d’une société et de sa culture. Or, même s’il est vrai que certaines sociétés accordaient un pouvoir de décision non négligeable à la femme, force est de reconnaître qu’en règle générale, la culture ne leur est pas très favorable. Dans un système patriarcal, appelée à se marier et étrangère en sursis chez son époux, elle n’a pas accès à la terre. Dans un système polygame, son mari peut la répudier à chaque instant. Elle est censée représenter la vertu, l’abnégation et l’on comprend difficilement qu’elle veuille s’émanciper, qu’elle ose exiger plus de liberté. En somme, la femme doit rester à sa place, ne pas faire de vague. Une fois déclarée stérile, elle subit les plus mauvais traitement du monde de la part de sa belle famille que de son mari.
Mais le plus important, c'est de parler, de dialoguer avec son conjoint. C'est à deux, ensemble et unis que le couple doit affronter cette crise. Il faut aussi en parler autour de soi, mais il est important de trouver les bons interlocuteurs. Dans cette situation, les parents sont d'excellentes structures de soutien. Chacun partage ce qui lui arrive avec des personnes dans la même situation. Le sentiment de solitude est alors moins fort. Enfin, quand cela est vraiment nécessaire, une thérapie d'accompagnement peut-être envisagée. Les couples aussi doivent réaliser qu'ils ont en eux d'immenses richesses qu'il leur faut exploiter. Sur lesquelles ils peuvent rebondir. Ils peuvent aussi réfléchir au fait qu'une vie sans enfant n'est pas forcément une vie ratée.
Bien des couples sans enfant ont une existence riche et épanouie. Il existe d'autres alternatives notamment les traitements ou l’adoption. C'est tout un travail de deuil de leur fécondité qu'ils doivent entreprendre, pour renouer avec un autre sentiment de vie. Il serait peut-être intéressant à sonder le désir d'enfant qu'ils avaient : pourquoi ? Que représentait ce bébé pour eux. Autant de réponses qui leur permettront d'avancer et de décider en toute clarté d'user d'autres recours pour devenir parents. On programme tellement les naissances aujourd'hui que l'on oublie que cela demande parfois du temps, que le bébé n'arrive pas toujours quand on le souhaite, que bien des femmes ne sont pas aussi fertiles à quarante ans qu'à la trentaine. Il ne faut pas oublier que de la volonté du tout Puissant est très important.

D. DJIRÉ

http://www.essor.gov.ml/sem/cgi-bin/view_article.pl?id=14224
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Lundi 12 mars 2007

Agence Science-Presse

Plusieurs femmes infertiles souhaitent désespérément avoir leur propre enfant biologique. C’est carrément impossible pour celles qui n’ont pas d’utérus. Leur seule solution : recourir aux services d’une mère porteuse, ce qui est encore interdit dans plusieurs pays. Un nouvel espoir s’offre à elles : la transplantation d’utérus.

On transplante bien des foies, des reins et des poumons, pourquoi pas des utérus? Cette opération permettrait aux femmes nées sans utérus et à celles qui ont subi une hystérectomie, à cause d’un cancer ou de fibromes, de porter leur propre enfant.

L’organe prélevé d’un donneur vivant ou récemment décédé serait attaché au vagin et connecté aux vaisseaux sanguins de la future maman. Une fois la condition médicale de la patiente stable, les médecins pourraient implanter dans le nouvel utérus, les embryons préalablement créés par fertilisation in vitro. L’accouchement se déroulerait par césarienne suivie d’une hystérectomie pour retirer l’utérus et prévenir les risques de complications liés à la transplantation d’organes. Pas banal, comme grossesse!

Le Dr Guiseppe Del Priore, obstétricien et gynécologue au New York Downtown Hospital, a réalisé que cette opération serait possible lorsqu’il a récemment expérimenté une nouvelle technique chirurgicale avec des patientes souffrant du cancer du col de l’utérus. L’utérus des patientes était retiré de leur corps pendant l’opération, puis remis en place. Et plusieurs de ces femmes ont vécu des grossesses normales par la suite.




Une transplantation humaine d’utérus a déjà eu lieu, en Arabie Saoudite, en 2000, mais le nouvel organe a du être retiré trois mois plus tard à cause de saignements importants.

Certains chercheurs et bioéthiciens sont inquiets au sujet de la transplantation d’utérus comme remède à l’infertilité. Ils estiment que les risques sont peu connus et craignent que ces techniques chirurgicales ne soient offertes en clinique privée, avant même qu’on ne connaisse toutes les conséquences. «Il est difficile d’imaginer une méthode plus coûteuse et risquée d’avoir un enfant», indique Thomas Murray, directeur du Hastings Center, un institut de recherche bioéthique, à Garrison, à New York.

La majorité des transplantations d’organes exécutées jusqu’à aujourd’hui avaient pour but de sauver des vies. Il est encore difficile d’évaluer, dans le cas de la transplantation d’utérus, si les bénéfices dépassent les risques. Une patiente qui ferait ce choix devrait prendre durant toute sa grossesse des médicaments anti-rejet qui pourraient être toxiques et nuire au développement du foetus. Et malgré les médicaments, il y aurait toujours un risque de rejet. Elle pourrait aussi développer des infections et des complications suite à la chirurgie.

Près de la moitié des femmes qui ont eu une transplantation des reins et qui deviennent enceintes ont des bébés prématurés ou de petit poids. Plusieurs d’entre elles souffrent durant leur grossesse de pression trop élevée et de pré-éclampsie, une condition dangereuse qui menace la santé de la maman et du bébé. Avec une transplantation d’utérus, s’ajoutent d’autres inconnues parce la grossesse se produit dans l’organe transplanté. Personne ne sait si l’organe s’adaptera à la grossesse.

Des expériences ont déjà été réalisées avec succès sur des souris. La recherche doit être maintenant faite sur des primates avant de la tenter sur des humains. «Une fois que nous aurons montré le premier bébé singe né d’une guenon avec un utérus transplanté, les gens vont immédiatement réclamer l’intervention pour eux», dit Stefan Sclatt de l’Université de Pittsburgh en Pensylvannie. «Certaines personnes sont tellement désespérées de ne pas avoir de bébé qu’elles n’attendront pas la naissance du dixième singe afin de s’assurer que la technique est sécuritaire.»

Moins de 1% des femmes sont infertiles parce qu’elles n’ont pas d’utérus. Malgré les risques et les inconnues encore associés à la transplantation d’utérus, plusieurs femmes sont déjà volontaires pour une telle opération qui pourrait être offerte d’ici deux à cinq ans.

http://www.cyberpresse.ca/article/20070312/CPSCIENCES/70312050/5103/CPACTUEL03

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Mardi 17 avril 2007

Des spermatozoïdes à partir de moelle osseuse ?

Des chercheurs allemands auraient réussi à fabriquer, pour la première fois, des précurseurs de spermatogonies humaines à partir de cellules souches issues de la moelle osseuse.

En juillet dernier, Karim Nayernia et coll de l'université de Göttingen (Allemagne) ont réussi cette expérience sur des souris. Forte de cette première étape, l'équipe allemande a reproduit l'expérience en partant de cellules humaines. Les cellules souches ont été prélevées sur des volontaires sains et ont été cultivées dans des conditions favorisant leur différenciation en cellules germinales. Les cultures ont alors présenté des marqueurs spécifiques des spermatogonies.

Les chercheurs n'ont pas prolongé l'expérience et il est donc impossible d'affirmer si ces cellules achèvent leur différenciation pour donner des spermatozoïdes matures et fonctionnels. Toutefois, cette expérience a été réussie avec succès chez la souris.

Il faudra au minimum 3 à 5 ans de travaux pour affiner la technique et obtenir peut-être des spermatozoïdes humains à partir de cellules souches de moelle osseuse.

© genethique.org d'après Financial Times 13/04/07 - Newscientist.com 13/04/07 - Le Quotidien du Médecin 16/04/2007

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Mardi 5 juin 2007

Les scientifiques de Hongkong et du continent ont identifié pour la première fois une protéine présente dans le sperme humain et des souris qui pourrait être responsable de nombreux cas inexpliqués d'infertilité masculine.

Les versions défectueuses de la protéine, appelé canal ionique épithéliale, ont été précédemment rapportées comme un des responsables de la stérilité masculine.

Dans la dernière publication des Débats du Journal de l'Académie Nationale des Sciences, les chercheurs ont déclaré avoir découvert la protéine dans des échantillons de sperme d'êtres humains et de souris.

"La protéine est impliquée dans le transport du bicarbonate, qui est nécessaire pour activer le sperme afin de fertiliser l'ovule. Si cette protéine est défectueuse, alors la capacité de fertilisation du sperme sera affaiblie ou réduite," a expliqué Chan Hsiao Chang, professeur de physiologie à l'Université Chinoise de Hongkong, lors d'une interview téléphonique ce jeudi 31 mai 2007.

Les expérimentations ont montré que le sperme d'une souris mutante avec une version défectueuse de la protéine possède une plus faible fertilité que le sperme d'une souris normale, ont indiqué les chercheurs.

La découverte aidera les docteurs à diagnostiquer plus précisément et expliquer ainsi de nombreux cas de fertilité qui étaient restés jusque-là sans réponse.

Source : Quotidien du Peuple, Le 04 juin 2007

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Mardi 19 juin 2007
Deux fonds ont été créés à la K.U.Leuven (Belgique) afin de soutenir la recherche contre la stérilité et l'endométriose, une affection caractérisée par la présence de fragments de muqueuse utérine en dehors de leur situation normale et qui peut provoquer des douleurs chroniques ainsi que diminuer la fertilité.

Le professeur Thomas D'Hooghe, spécialiste en gynécologie et directeur du Centre de fertilité de la K.U.L., présidera ces deux fonds. Les traitements de personnes souffrant de troubles de la fertilité seront étudiés dans le cadre des premières recherches, et ce, afin d'augmenter les chances de succès de traitements chirurgicaux, de thérapies hormonales et d'autres interventions.

L'équipe du professeur Thomas D'Hooghe travaille également à de nouvelles techniques chirurgicales et à de nouveaux médicaments pour la prévention et le traitement de l'endométriose.

(belga)
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