L'impact du boeuf aux hormones sur la fertilité

Publié le par Webmaster

L'impact du boeuf aux hormones sur la fertilité
Mise en ligne le 28-3-2007 10:11
 
Les enfants mâles, dont la mère était une grande consommatrice de viande de bœuf traitée aux hormones, pourraient connaître des problèmes de fertilité à l'âge adulte, selon la première étude scientifique jamais réalisée sur le sujet.

Les implications potentielles d'une telle étude sont énormes, non seulement pour la santé humaine, mais pour les échanges internationaux. Les éleveurs américains utilisent en effet largement des hormones pour accélérer la croissance de leur bétail. Arguant d'un impact potentiel sur la santé humaine, l'Union européenne avait banni cette pratique dès 1988. Depuis, les deux géants du commerce international s'affrontent âprement sur le sujet. L'Organisation mondiale du commerce doit rendre un jugement technique sur ce contentieux le 17 avril, selon une source européenne.

L'étude publiée aujourd'hui dans "Human reproduction" (revue de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie) a porté sur 387 Américains nés entre 1949 et 1983. Les entretiens et les analyses de sperme réalisés montrent que les garçons dont la mère avait consommé du bœuf aux hormones plus de sept fois par semaine, avaient un sperme en moyenne près de 25% moins riche en spermatozoïdes que celui d'autres hommes dont les mères avaient suivi un régime moins riche en bœuf. La probabilité que ces enfants aient un sperme d'une qualité insuffisante, selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé, est multipliée par trois. Plus la mère avait consommé de bœuf, plus la qualité du sperme de son fils s'en ressentait.

L'étude présente toutefois de nombreuses limitations: elle porte sur un échantillon restreint et le lien entre la présence d'hormones dans le bœuf et la baisse de la fertilité n'est pas absolument établi. Les données "suggèrent que la consommation maternelle de bœuf et, peut-être, de xénobiotiques (substances chimiques) dans le bœuf, pourrait altérer le développement des testicules de l'embryon dans l'utérus et affecter négativement sa capacité reproductrice", explique simplement l'étude. "Quand vous perturbez les hormones en phase pré-natale, vous touchez toute une chaîne. En particulier, les œstrogènes et les androgènes affectent le développement testiculaire", a précisé l'auteur principal de l'étude, Shanna Swan, du département d'obstétrique de l'Université de Rochester. Le rôle des hormones, déjà mis en évidence lors de tests sur les rongeurs, est "une hypothèse plausible". Mais d'autres expériences sont nécessaires, notamment une étude évaluant la fertilité des Européens nés après 1988. Nos données, a reconnu le Pr Swan, "ne sont pas assez solides pour entraîner une modification de la réglementation ou pour donner lieu à des actions dans le domaine de la santé publique, mais elles sont assez solides, je pense, pour dire qu'il nous faut mener des études

http://www.rtl.be/page/rtlinfo/articles/santearticle/230.aspx?articleid=71583 

Publié dans Fertilité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article