Mardi 8 août 2006
VATICAN - " ETHIQUE DE LA RECHERCHE BIOMEDICALE - POUR UNE VISION CHRETIENNE ", LES MEMBRES DE L'ACADEMIE PONTIFICALE POUR LA VIE

Rome (Agence Fides) - A l'occasion de la IX° Assemblée Générale de l'Académie Pontificale pour la Vie, qui vient de se terminer au Vatican, l'Agence Fides a eu un entretien avec plusieurs participants. Après le professeur Vial Correa, le vice-président S. Exc. Mgr Sgreccia, Mme Wanda Poltawska, nous nous proposons de publier d'autres interventions : le Père Roberto Colombo, professeur de Biologie humaine à l'Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan, du docteur Luigi Caltroni, agrégés à l'Académie Pontificale pour la Vie, puis celle du Professeur Josef Seifert, Recteur de l'Académie Internationale de Philosophie du Liechtenstein, et enfin celle du professeur Corrado Manni, Professeur émérite d'Anesthésiologie et de Réanimation de l'Université Catholique du Sacré-Cœur à Rome. (A.P.) (Agence Fides, 1° mars 2003)


VATICAN - LE PERE COLOMBO DE L'UNIVERSITE CATHOLIQUE DE MILAN : " L'EMBRYON EST VULNERABLE PARCE QU'IL EST PRIVE DE SA RECONNAISANCE COMME ETRE HUMAIN "
Rome (Agence Fides) - Le Père Roberto Colombo, professeur de Biologie Humaine à l'Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan, dans son intervention à l'Assemblée, a parlé des sujets particulièrement vulnérables dans le cours de la recherche biomédicale. Nous lui avons demandé quels sont ces sujets, et s'il existe des moyens pour les protéger. Voici sa réponse.

Les sujets particulièrement vulnérables sont les sujets qui, en raison de leurs conditions précaires de santé, physique ou mentale, sont plus exposés que d'autres à des dangers. Par exemple, des sujets qui ont un déficit mental, des sujets qui sont incapables de vouloir, comme les enfants tout petits, des sujets culturellement non préparés, et qui ne peuvent donc pas comprendre ce qui leur est dit en termes scientifiques. Ou encore des sujets particulièrement vulnérables comme ceux qui appartiennent aux populations en voie de développement. Il existe une classe de sujets qui sont candidats comme nous tous à participer à des recherches scientifiques, à subir les expérimentations, mais qui sont plus vulnérables pour différentes raisons. Tout d'abord parce c'est un sujet qui n'est pas capable d'exprimer sa propre volonté, qui ne peut consentir ni refuser, et qui, pour cette raison, doit avoir des tuteurs, c'est-à-dire des personnes qui prennent une décision à son sujet. Normalement, ce sont les parents, la mère qui a donné l'ovule, parfois le père,ou, dans le cas d'embryons abandonnés, non reconnus par les parents, ce peut être le chercheur lui-même. Le problème c'est que celui qui donne l'accord devrait le faire dans l'intérêt du sujet ; mais, malheureusement, nous ne sommes pas toujours sûrs qu'il ne le fasse selon son propre intérêt personnel. Parlant des embryons en dehors du sein maternel, c'est-à-dire cultivés " in vitro " jusqu'aux deux premières semaines de vie, l'embryon n'est pas implanté dans l'utérus et peut être cultivé " in vitro " pendant cinq à six jours après la fertilisation. Durant ces cinq ou six jours, l'embryon est exposé à une série de risques et de périls, parce que, étant en dehors de son milieu naturel, tout ce qui peut arriver en laboratoire le met en péril. Il est donc particulièrement vulnérable parce qu'il dépend en tout des conditions artificielles dans lesquelles il se trouve. Une erreur dans le milieu de culture, par exemple, peut être mortelle, ou un appareil qui ne fonctionne pas. Toutefois, la raison principale pour laquelle l'embryon est un sujet particulièrement vulnérable c'est celle nous appelons " vulnérabilité dans son statut ", au sens que nombre de personnes ne lui reconnaissent pas le titre de sujet. L'embryon n'est même pas reconnu, c'est une entité anonyme qui n'a pas son statut moral et juridique. Il en résulte qu'il est traité comme un simple matériel sans être même compté dans la liste des sujets qui ont droit à une protection. Il est vulnérable précisément parce qu'il est privé de sa reconnaissance comme être humain.
Pour ce qui concerne la protection de ces sujets particulièrement vulnérables, il faut tout d'abord partir du fait que l'embryon ne devrait pas être engendré en dehors de la génération naturelle, et donc à l'intérieur du corps de la femme. L'embryon en dehors du sein maternel est certainement plus vulnérable du point de vue biologique, il est sans défense parce qu'il n'est pas à sa place. Deuxièmement, il faut reconnaître le sujet de recherche. Si nous ne le reconnaissons pas comme sujet, il n'y aura pas de codes déontologiques, de lois, et il sera privé de son identité. Il faut reconnaître en outre la pleine identité humaine, et puis ensuite instituer pour lui des garanties au plan des normes de comportement de la recherche, et au plan des lois nationales. Mais les problèmes existent aussi pour l'embryon en fœtus dans le sein de la femme, parce que, là aussi, on fait des expérimentations qui peuvent lui nuire. On discute aujourd'hui beaucoup en particulier sur l'utilisation des embryons pour la production de cellules staminales. Dans ce cas, l'embryon court le plus grand des risques, parce qu'il est détruit. (A/P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)


VATICAN - LE DOCTEUR L. CALTRONI : " BIOETHIQUE : L'INFORMATION DE MASSE EST UNE INFORMATION QUELCONQUE ET DEGRADANTE EN GENERAL "
Rome (Agence Fides) - Le Docteur Luigi Caltroni a bien voulu nous expliquer ce que pensent les Italiens des travaux de l'Académie.

Malheureusement, les travaux de l'Académie Pontificale pour la Vie ne trouvent pas grande audience dans la presse, à l'exception de quelque journal diocésain catholique, et en des occasions déterminées. Les informations qui viennent des activités de l'Académie sont très restreintes, spécialisées, et ne trouvent donc pas une diffusion facile. La tâche des membres agrégés de l'Académie est de faire connaître les questions, de les faire divulguer par des conférences spécialisées tout au long de l'année, et de rendre accessible ce patrimoine très élevé de culture, de théologie, de médecine, de science en général, à tout le peuple, parce qu'il y a un grand désir de connaître. Malheureusement, toutefois, l'information de masse est encore aujourd'hui quelconque et dégradante en général. Sur les questions spécialisées de la bioéthique en particulier, il y a un grand désir de connaître, alors que l'information qui nous est transmise par les moyens de communication de masse est une information déformée influencée par l'intérêt économique et donc une information non crédible, manipulée. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)


VATICAN - LE PROFESSEUR JOSEF STEIFERT, RECTEUR DE L'ACADEMIE INTERNATIONALE DE PHILOSOPHIE DU LIECHTENSTEIN : " IL EST INACCEPTABLE DE PERMETTRE DE TOUT FAIRE SEULEMENT DANS LE BUT DE LA RECHERCHE OU DES RESULTATS DE LA RECHERCHE "
Rome (Agence Fides) - Je pense que, parmi les valeurs centrales de la recherche bioéthique et de la pratique de la médecine, le plus important est la dignité de la personne humaine. D'après les rapports présentés durant cette Assemblée, il résulte que, d'un côté, il y a ceux qui distinguent l'être humain, et de l'autre ceux qui distinguent la personne humaine. L'embryon est encore exclu du concept de personne humaine. La vision générale n'est pas correcte ; il y a ceux qui disent que seule la personne possède la dignité humaine, et les autres qui considèrent que l'on peut tuer par l'avortement ou faire des expérimentations. Personnellement, je pense qu'il est nécessaire de considérer le fait que, aujourd'hui, tout être humain est une personne humaine, et que la personnalité de l'être humain ne réside pas seulement dans l'émotion du cerveau, dans la maturité ou dans le développement complet du corps. Tout être humain est un sujet de nature rationnelle même si cette raison ne peut pas encore s'exercer. Un argument qui a fait beaucoup discuter, au sein même de l'Académie et dans le monde entier en général, est celui de la mort cérébrale. Nous ne sommes pas tous d'accord sur le fait que la mort cérébrale soit une véritable mort. Nous pouvons encore dire qu'il existe des niveaux différents de dignité humaine ; l'un est la valeur ontologique que possède tout être humain, et un autre par exemple est le principe dit de " l'activité de l'être humain éveillé consciemment " et capable de donner un accord bien informé et libre à une intervention éventuelle, chose qu'un embryon n'est pas en mesure de faire. L'éthique indique que la personne n'a pas seulement une dignité innée, inséparable de son être, mais qu'elle a aussi une dignité qu'elle devrait acquérir avec sa liberté, c'est-à-dire par la vocation de la personne humaine. Parmi les valeurs fondamentales de la personne humaine, outre la santé et la guérison de maux physiques, il y a la dignité morale. " Veritatis Splendor " déclare qu'il y a des attitudes qui vont contre la dignité intrinsèque de la personne humaine, que l'on ne peut considérer seulement le niveau de la santé et oublier que la dignité humaine implique la vocation à réaliser le bien moral. Il n'est pas acceptable de permettre de tout faire seulement dans le but de la recherche ou des résultats de la recherche. Le Pape lui-même, dans ses textes philosophiques, a insisté pour reconnaître que la personne, en possédant la liberté, la raison, doit toujours être comprise comme un agent moral que l'on ne doit pas utiliser comme moyen pour les recherches, et que le médecin doit agir en qualité de personne et ne pas se laisser utiliser comme instrument. En Suisse, par exemple, les infirmières, pour être admises à l'école, doivent signer une déclaration dans laquelle elles acceptent de servir y compris dans les cas d'avortement chaque fois qu'on le demande. Cela, d'après la conscience humaine et la doctrine de l'Eglise, est très grave, c'est une violation des droits de l'homme. C'est une forme d'antipersonnalisme éthique très dangereux. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)


VATICAN - LE PROFESSEUR MANNI : " ON NE PEUT PROCEDER A LA TRASNSPLANTATION D'UN ORGANE SI L'ON N'EST PAS SURS QUE L'INDIVIDU EST MORT "
Rome (Agence Fides). Le professeur Corrado Manni nous a parlé de la situation des transplantations en Italie.

Parmi les exposés présentés à l'Assemblée, un en particulier a frappé mon attention, et c'est celui qui expose la situation certainement pesante, de la vente ou de l'achat-vente des organes qui prend pied très fortement sur le marché " aux Etats-Unis, pour faire face aux besoins toujours plus grands de transplantation d'organes chez des malades qui en ont besoin. Heureusement, notre pays ne se trouve pas dans les conditions des Etats-Unis, parce que ce n'est pas un phénomène très développé. Il est clair que, comme catholiques, et moi-même comme anesthésiste réanimateur, dans toutes les occasions où j'ai eu l'occasion de parler de transplantatiologie, de mort encéphalique, et de toutes les questions qui touchent à l'enlèvement et à la transplantation successive d'un organe, je me suis toujours exprimé contre toute possibilité de commerce des organes. Il s'agit certainement d'une technologie chirurgicale qui a atteint un progrès important, et grâce au nombre toujours croissant, y compris dans notre pays, de transplantations qui sont faites, de nombreuses personnes ont eu la possibilité de vivre mieux voire même d'être arrachées à la mort. Il est clair toutefois que la transplantation d'un organe exige des règles fondamentales. Tout d'abord l'enlèvement de l'organe doit être fait quand la mort encéphalique, c'est-à-dire la mort de l'organisme humain tout entier, s'est produite. Par mort encéphalique, nous voulons dire la destruction de tout le contenu de la boîte crânienne, cerveau, cervelet et tronc encéphale. La loi italienne qui règle la possibilité d'enlever des organes en vue d'une transplantation, est une loi sûre et qui donne des garanties ; c'est une des plus exigeantes dans le monde. Au point que la mort encéphalique peut être officiellement observée six heures après la cessation du battement cardiaque, la cessation de l'activité respiratoire et donc que le donneur potentiel soit un sujet qui puisse être considéré mort d'une manière assurée à tous les effets. Ainsi le diagnostic de mort encéphalique est tout à fait indispensable pour procéder correctement sur la voie de la transplantation. Les gens doivent être tranquilles, et s'efforcer de penser que donner un organe pour aider un autre individu est une œuvre hautement méritoire, que notre éthique, notre religion, et notre travail de médecins doit saisir de la meilleure manière sans se laisser entraîner dans des actes qui veulent se justifier par le monde des affaires. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)

VATICAN - " Le Saint-Père défend non seulement la vie en tant que telle, mais la sainteté de la vie humaine " déclare Madame le professeur Wanda Poltawska, dans un bilan des travaux de l'Assemblée Pontificale pour la Vie, qui vient de terminer ses travaux
Rome (Agence Fides) - Il faut partir du pourquoi existe cette Académie pour la Vie. Il faut remonter au Pontificat de Jean Paul II, parce que le Saint-Père a offert toute sa vie, tout d'abord de prêtre, d'Evêque, de Cardinal et puis de Pape pour la défense de la vie. Il défend non seulement la vie en tant que telle, mais la sainteté de la vie humaine. L'Académie, nous pouvons le dire, est parmi ses initiatives pratiques pour cette défense précisément. Malheureusement, la vie est toujours menacée, en particulier la vie de l'enfant non né, et aujourd'hui en plus l'humanité tout entière est menacée dans sa structure génétique. Depuis le premier moment, l'Académie a voulu prendre en examen ces questions. La première question abordée, par exemple, a été le droit à la vie de l'enfant non né ; la deuxième, l'identité de l'embryon humain ; la troisième l'identité du génome humain ; à présent, l'on parle de la manipulation biomédicale. Malheureusement toutefois, il y a aujourd'hui des tendances contemporaines contraires à la valeur de la vie, et, pour cette raison, notre Assemblée est très importante parce que le monde entier est menacé par des méthodes et des techniques qui traitent la personne humaine et le petit enfant comme un objet d'expérience.
Il ne faut pas oublier que chaque personne humaine est divine et créée par Dieu et que, comme l'a déclaré le Saint-Père à Paris lors de la rencontre avec les jeunes, la personne humaine n'est pas destinée à la terre mais au ciel. Il arrive souvent que des méthodes de diagnostics, thérapeutiques ou de recherche soient contraires à l'éthique, et c'est précisément dans ces cas qu'il faut rappeler que la valeur première de la vie est le salut, la sainteté, alors que la santé physique a une valeur secondaire ; dans l'Evangile lui-même, on déclare : " si ta main est pour toi objet de scandale, coupe-la " (Mc 9,43). Il faut donc être prudents parce que de nombreux médecins sont prêts à manipuler la vie avec l'objectif de la sauver et de la prolonger. Mais la vie prolongée doit finir elle aussi ; aussi faut-il prendre conscience du but véritable de la vie humaine, et penser d'abord à la sainteté et ensuite à la santé. Cette Rencontre a montré que dans de nombreux pays du monde des médecins font déjà des choses contraires à l'humanité et au respect de la personne humaine. A mon avis, il faut clairement souligner que les médecins catholiques n'ont pas le droit de traiter le corps humain et le petit enfant comme un objet, mais qu'ils doivent avoir toujours le plus grand respect, sans jamais oublier que ces personnes sont destinées au ciel pour l'éternité. (A.P.)
(Agence Fides, 1° mars 2003)

http://www.fides.org/fra/news/2003/0303/01_03.html

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Mardi 12 juillet 2005
Le père Alain Mattheeuws, jésuite et spécialiste en bioéthique a été interviewé par Olivia Raw, du "World Youth Alliance" sur l'Église et la bioéthique. Il s'étonne que le débat bioéthique soit si intense et focalisé sur le début et la fin de la vie, suggérant même, avec humour, que les chercheurs devraient êtres psychanalysés pour connaître l'origine de cette focalisation.

Contrairement à l'opinion si répandue, il considère que l'Église,  "experte en humanité", est ouverte sur ces débats, et que tout homme peut comprendre ses positions. "Le chemin de l'Église, c'est l'homme dans toute sa grandeur et sa beauté" dit-il. Et de rappeler que "toute exigence morale devrait toujours être en surimpression d'un acte de miséricorde et d'amour." "L'Église est pour la vie, elle est du côté des petits et des pauvres. Elle parle d'une vie qui appartient à Dieu et qui est don."

A l'objection d'une tentation d'une prise de pouvoir sur le monde par l'Église, le père Mattheeuws répond : "Nous ne sommes plus en régime de chrétienté. Cette culpabilisation au sujet du pouvoir est fantasme d'un autre monde." "La question est de savoir si l'Église sera respectée dans ses membres et dans la "bonne nouvelle" dont librement elle veut témoigner et parler."

Et d'évoquer le "cri" de l'Église face au mal, cri non d'une désespérance, mais "parole prophétique pour dire qu'il est encore possible d'aimer, de faire le bien, de respecter la vie, d'être heureux sur la terre".

Face aux avancées de la science, il considère qu'"il n'y a rien de fatal dans les découvertes humaines. Dans l'expérimentation et dans la recherche, la liberté des hommes intervient toujours." La recherche "est programmée, c'est-à-dire, voulue institutionnellement et soutenue politiquement et financièrement." et de rêver à ce qu'on pourrait faire avec l'argent utilisé pour la recherche sur l'embryon pour soulager les populations atteintes du paludisme et de malnutrition...

Zenit 10/06/05 - GènEthique.org 14/06/05

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Mardi 12 juillet 2005
Aujourd'hui il est possible de faire vivre des nouveaux-nés qui seraient morts, il y a quelques années, du fait de leur prématurité. Mais cela soulève de nombreux problèmes éthiques, encore ignorés par la loi française. En effet, si la nature a prévu 9 mois, c'est bien qu'il faut ce temps pour faire un bébé sain, et la prématurité implique que quelque chose n'est pas bien terminé dans le processus de l'évolution du foetus. Pour évaluer si ce manque est important ou non, un temps d'attente de plusieurs semaines est nécessaire, après la naissance. La décision peut alors être prise d'arrêter les soins, voire même de tuer l'enfant.

Sur quels critères prend-on ces décisions ? Et qui les prend ? Selon Pierre Lequien, professeur de pédiatrie au CHU de Lille, ce sont les médecins qui décident, en informant les parents, mais sans leur faire porter le poids de la décision. Les décisions sont plus prises sur des critères sociologiques que physiques : un enfant qui aura des difficultés respiratoires aura plus de chance d'être laissé en vie, qu'un enfant en bonne santé physique, mais pouvant présenter des séquelles neuro-intellectuelles et donc des difficultés scolaires. C'est le problème de la place des personnes handicapées dans notre société qui est posé.

En France, on réanime et on prend en charge systématiquement  l'enfant né après 22 semaines d'aménorrhée et on déploie pour lui des trésors de soins exceptionnels pour tenter de  terminer son développement naturel, comme s'il était encore dans le ventre maternel. Mais souvent cela ne suffit pas, certains meurent naturellement et d'autres auront des séquelles que l'on ne peut évaluer rapidement, mais qui peuvent être sévères. Chaque service de réanimation a alors ses propres critères pour "l'abandon thérapeutique", c'est-à-dire l'arrêt des soins, qui peut conduire à la mort, ou l'acte volontaire d'euthanasie.

Rappelons que le taux de prématuré a tendance à augmenter : de 5,9% des naissances en 1995, on est passé à 7,2% en 2003. Cela est dû à plusieurs causes : les maternités de plus en plus tardives, la Fécondation in vitro qui par ses traitements et par l'implantation de plusieurs embryons favorise la prématurité, et l'augmentation des naissances provoquées prématurément en cas de danger pour la mère.

La Croix (Christine Legrand) 14/06/05 - GènEthique.org 14/06/05

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Samedi 7 mai 2005

L'Agence de biomédecine, prévue par la loi de bioéthique du 6 août 2004, a été officiellement créée par décret du ministère des solidarités, de la santé et de la famille (Journal officiel du jeudi 5 mai 2005).

Cette agence a la charge d'autoriser ou non la conservation et les recherches sur les cellules souches embryonnaires, de délivrer les autorisations des centres de diagnostic prénatal et préimplantatoire, d'agréer les praticiens réalisant des procréations médicalement assistées et de couvrir les activités de l'Établissement Français des Greffes (EFG).

Libération 06/05/05 - La Croix 06/05/05

http://www.genethique.org/revues/revues/2005/mai/06_05_05.htm#1

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Mercredi 4 mai 2005

Les Comités nationaux d'éthique du Conseil de l'Europe (COMETH) ont tenu leur huitième conférence à Dubrovnik (Croatie), les 25 et 26 avril derniers, sur le thème "Répondre aux défis des sociétés en mutation".

Au coeur des débats : la Convention relative à la biomédecine, l'élargissement du diagnostic pré-implantatoire, les implications éthiques d'une société vieillissantes, la maternité de substitution, le dépistage pré-natal de la mucoviscidose, la procréation médicalement assistée, les activités intergouvernementales en matière de bioéthique, ...

Cette conférence a été suivie d'une réunion plénière du Comité Directeur pour la bioéthique du Conseil de l'Europe.

Pour plus d'informations, cliquez ici.

  Généthique.org

http://www.genethique.org/revues/revues/2005/mai/03_05_05.htm

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