Le Figaro. Philippe Gélie . Publié le 20 juillet 2006 Actualisé le 20 juillet 2006 : 10h38
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![]() XXIe siècle. Clonage
La quadrature de l'oeuf
Après l'affaire Hwang, deux universités américaines relancent la recherche sur le clonage thérapeutique et butent sur un casse-tête éthique: qui donnera ses ovocytes pour la science?
Par Corinne BENSIMON
QUOTIDIEN : Samedi 24 juin 2006 - 06:00
Le 6 juin dernier, à la veille des célébrations de son 355e anniversaire, l'université Harvard a déclaré à la presse qu'elle lançait un programme de recherche sur le clonage thérapeutique. Des biologistes de son institut des cellules souches travailleront à créer des embryons humains par la technique dite «de transfert de noyau somatique» qui a produit le clone de brebis Dolly et ils tenteront d'en tirer des lignées de cellules souches, source potentielle de la réparation de tous les tissus humains. Harvard est la première institution académique américaine qui ose relancer un projet de recherche sur le clonage thérapeutique. Par cette annonce, prononcée juste avant les festivités qui ont attiré sur son campus l'élite américaine, l'université fait un pied de nez au gouvernement Bush. Au nom du «respect du début de la vie» et des mouvements hostiles à l'avortement, celui-ci interdit, depuis 2001, d'utiliser des fonds fédéraux pour des recherches détruisant des embryons humains, peu importe qu'ils soient les fruits surnuméraires de fécondations in vitro réalisées dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation ou les créations de la technique de transfert de noyau. Qu'à cela ne tienne, Harvard clonera sur fonds privés. Elle ne sera pas seule. L'université de Californie à San Francisco (UCSF) a aussitôt annoncé la reprise de ses travaux dans ce domaine, interrompus en 2001.
Ce faisant, les deux prestigieuses universités américaines sonnent urbi et orbi la relance d'un champ d'exploration sinistré par «l'affaire Hwang», du nom du «faux cloneur» sud-coréen. Mis en accusation en mai dernier à Séoul pour fraude, détournement de fonds publics et infraction aux lois de la bioéthique, le biologiste avait publié, en février 2004 et en mai 2005 dans la revue Science, l'obtention du premier clone d'embryon humain, puis de onze lignées de cellules souches tirées de tels embryons. L'enquête a montré, à la fin de l'an dernier, qu'il s'agissait là d'une falsification (lire page suivante). A ce jour, seule une équipe de l'université de Newcastle, en Angleterre semble avoir réussi à cloner un embryon humain (1), sans toutefois en tirer de cellules souches. C'est donc sur cette voie quasi vierge de tout succès que se lancent les Américains. Les chercheurs ont réussi à lever des fonds. Mais ils s'inquiètent à présent d'un nouvel écueil, laissé dans l'ombre jusqu'à l'affaire Hwang : ils vont devoir trouver, dans des conditions «éthiquement correctes» qui restent à définir, la matière première de leurs recherches, à savoir des oeufs de femmes. En grande quantité.
2 061 : c'est le nombre d'ovocytes que le biologiste sud-coréen a recueilli auprès de 129 femmes pour ses tentatives d'obtention d'un embryon de clone humain. Un chiffre phénoménal, révélé par l'enquête menée sur ses agissements, dix fois supérieur à celui qu'il avait décrit dans Science, et néanmoins insuffisant vu son insuccès... Combien faudra-t-il d'ovocytes pour faire des batteries de clones d'embryons humains suffisamment bien développés pour qu'on puisse en tirer des cellules souches et mener des recherches sur leur potentiel usage médical ? Nul ne doute qu'il en faudra des milliers. Las! à la différence du sperme et du sang, les ovocytes sont des cellules rares, tapies au fond des ovaires et, pour comble, elles ne survivent pas à la congélation, ce qui rend impossible leur stockage. Tous ceux qui envisagent aujourd'hui de travailler sur le clonage misent sur une technique médicale bien rodée, celle choisie par Hwang : demander à des femmes de se soumettre à une hyperstimulation ovarienne, protocole habituellement proposé aux couples infertiles afin de recueillir les ovules destinés à être fécondés in vitro. Problème : ce traitement hormonal lourd, qui est suivi d'une anesthésie générale afin d'«aller chercher» la dizaine d'ovocytes «pondue» d'un coup, est bien assumé lorsqu'il est prescrit dans la perspective d'avoir enfin un enfant. Il présente néanmoins de nombreux désagréments et des risques non négligeables.
Le problème du statut des femmes donneuses
«Entre 0,3 % et 5 % ou jusqu'à 10 % [deux études sont citées, ndlr] des femmes [traitées] ont un syndrome d'hyperstimulation ovarienne qui peut causer des douleurs et occasionnellement conduire à une hospitalisation, des problèmes rénaux, une infertilité et même la mort», s'inquiétaient David Magnus et Mildred K. Cho, chercheurs à l'université Stanford, qui commentaient le travail de Hwang dans une tribune publiée par la revue Science, en juin 2005. Alors que le Sud-Coréen était auréolé d'une fraîche gloire, les auteurs soulignaient que son «travail soulève des questions éthiques». Quel est donc le statut des femmes qui donnent des ovocytes pour la recherche sur le clonage thérapeutique ? s'interrogeaient-ils en substance. Elles ne sont pas assimilables à des volontaires sains inclus dans un essai thérapeutique, car le risque qu'elles prennent n'est pas lié à l'évaluation de l'objet de la recherche (un médicament, par exemple), mais à «la fourniture de matériel [des ovocytes, ndlr] pour la recherche», observaient-ils. Elles ne sont pas non plus telles des donneuses d'organe (foie, rein) car celui-ci est généralement destiné à traiter un proche. C'est une «nouvelle catégorie de patients», concluaient-ils, qu'il s'agit de mieux définir pour éviter les dérives contraires à l'éthique de la recherche biomédicale. Rares sont ceux qui se sont alors saisis de la question. La communauté de biologistes travaillant sur les cellules souches embryonnaires a applaudi sans sourciller aux exploits du Sud-Coréen qui affirmait en mai 2005 dans Science avoir réussi à obtenir 31 embryons clonés à partir de 182 ovocytes, gratuitement disait-il et sans contrainte de surcroît, en recueillant le consentement éclairé des donneuses. Nul questionnement public, y compris en France où, en octobre 2005, le député radical Roger-Gérard Schwartzenberg s'est empressé de déposer à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à autoriser les recherches sur le clonage thérapeutique, proscrit par la loi adoptée en août 2004. Et, en novembre, Hwang était invité à recevoir à Paris le prix des victoires de la médecine, des mains de Marc Peschanski, grand spécialiste de la thérapie cellulaire à l'Inserm.
Don gratuit ou rémunéré ?
Il a fallu que des journalistes sud-coréens, alertés par des «fuites» du laboratoire de Hwang, mènent l'enquête malgré les accusations d'«antipatriotisme» pour qu'éclate, au fil de l'automne 2005, la vérité sur l'altruisme des Sud-Coréennes : comment Hwang a usé de son pouvoir d'intimidation d'une part, et de millions de dollars de subventions privées et publiques d'autre part, pour approvisionner en ovules son laboratoire de l'université de Séoul. Des femmes ont alors, pour la première fois, pris part au débat. Des Sud-Coréennes. Dès le 4 janvier 2006, trente associations féministes sud-coréennes demandaient une enquête sur la façon dont le médecin s'était procuré des ovocytes et accusaient le gouvernement d'avoir fermé les yeux sur la souffrance des femmes tant il était hypnotisé par les profits potentiels du clonage thérapeutique... Enfin, le 21 avril, deux «donneuses» ont porté plainte contre l'Etat (qui a financé les recherches), au chef qu'elles n'ont pas été informées des risques qu'elles prenaient. 10 % des donneuses auraient souffert de troubles qui ont conduit à une hospitalisation.
«Avant l'affaire Hwang, toute personne qui émettait des réserves sur le problème des ovocytes était jugée réactionnaire», se souvient Jacqueline Mandelbaum, biologiste spécialiste de la fécondation in vitro à l'hôpital Tenon. «J'étais assez seule, au Parlement européen, à soulever la question de la source d'ovocytes, témoigne Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherches au CNRS, qui a participé en 2001, en tant que députée européenne, à la commission temporaire sur la génétique humaine. La commission des droits des femmes ne s'est pas intéressée à la question, les féministes étant a priori en bloc pour le clonage thérapeutique, vu que ceux qui s'y opposent militent pour l'embryon, contre l'avortement.» Fini ces clivages ? Interrogée par le Boston Globe sur l'annonce de Harvard, Judy Norsigian, directrice générale du mouvement féministe américain Our Body Ourselves, a estimé que «le mérite [des recherches sur le clonage] n'est pas si grand que des femmes doivent prendre de tels risques».
Pour que la recherche sur le clonage thérapeutique ne se trouve pas prise en étau entre l'hostilité des antiavortements et celle des féministes, la communauté scientifique tente à présent de définir les règles du recrutement des volontaires, qui s'annonce difficile. Don gratuit, don rémunéré ? Comment obtenir des ovocytes en respectant l'éthique de la recherche médicale qui, depuis la déclaration d'Helsinki adoptée en 1964 dans la foulée du procès de Nuremberg, interdit de mettre en péril la santé d'une personne au prétexte que l'expérience servira la santé du plus grand nombre ? «Il y a consensus sur le fait qu'il faut obtenir le consentement éclairé des volontaires. Eclairé sur les risques et le caractère spéculatif des recherches, observe Jean-Claude Ameisen, président du comité d'éthique de l'Inserm. En revanche, sur la rémunération des dons, les avis divergent : est-ce que, lorsqu'on propose une rémunération à un volontaire, on obscurcit ou non son évaluation des risques ?»
Pénurie d'ovocytes en vue
Première option, la gratuité, selon le modèle inscrit, en France, dans le code de la santé publique : «Aucun paiement, quelle qu'en soit la forme, ne peut être alloué à celui qui se prête au prélèvement d'éléments de son corps ou à la collecte de ses produits.» C'est la voie choisie par l'université de Harvard après moult consultations éthiques, et l'université de Californie : les femmes qui accepteront de subir une hyperstimulation ovarienne ne seront pas payées. Seuls les frais directs (de garde d'enfants et de déplacements) seront remboursés, et une assurance médicale leur sera offerte pour couvrir les risques santé liés au traitement. Harvard et l'UCSF se réservent aussi la possibilité d'utiliser des ovocytes recueillis par des cliniques de fertilité et qui ont été jugés «inaptes» à la fécondation in vitro. Combien d'ovocytes seront ainsi collectés ?
En France, les Cecos (Centre pour la conservation des oeufs et du sperme) enregistrent moins de 200 dons d'ovocytes par an, faits gratuitement pour aider à la procréation, soit une collecte de 2 000 ovules au maximum... Robert Lanza, le vice-président de la société de biotech américaine Advanced Cell Technology (ACT), qui a l'intention de reprendre ses recherches de clonage thérapeutique, a récemment rapporté qu'il avait recruté par annonce 100 donneuses, lesquelles s'étaient toutes rétractées sauf une quand elles avaient appris les risques et contraintes de l'exercice... Quant au recours à des ovocytes «inaptes» à la fécondation, nul ne sait s'ils seraient bons pour le clonage et combien seraient donnés à la recherche. «Il n'est pas simple d'expliquer aux femmes qu'on ne féconde pas tous les ovules récoltés, et de leur demander d'en donner pour la recherche», remarque le biologiste Hervé Chneiweiss, néanmoins partisan de la recherche sur le clonage thérapeutique.
La deuxième option, c'est le modèle de la «compensation». En Espagne, au nom d'une nouvelle loi, les donneuses reçoivent une rétribution que la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval appelle un «precium doloris», en reconnaissance du risque pris et de la douleur, allant de 850 à 1 000 euros. Résultat, de toute l'Europe, affluent à Barcelone des donneuses, des receveuses infertiles lassées des listes d'attente de dons, et des experts de la reproduction in vitro... Les laboratoires de recherche sur le clonage pourraient être tentés de profiter de ce gisement. «Le recueil d'ovocytes sur la base de la gratuité pourrait suffire à alimenter la première phase de recherche, estime Jacqueline Mandelbaum. Mais si le clonage tient ses promesses et que les recherches se multiplient, il y aura alors des risques très importants de commercialisation des dons et d'exploitation des femmes. Il faut y réfléchir.» Car bien sûr, il reste toujours la troisième option : acheter les ovocytes. Ils sont en vente libre aux Etats-Unis et dans la plupart des pays du monde. Et sur Internet.
(1) Miodrag Stojkovic et Alison Murdoch, in RBM online, mai 2004.
http://www.liberation.fr/actualite/sciences/186915.FR.php © Libération
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La Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (COMECE) constate "avec perplexité la contradiction entre cette décision, qui implique une atteinte à la dignité de l'homme au début de son existence, et les objectifs de l'Union européenne de promouvoir des solutions thérapeutiques visant à sauver des vies humaines. Cette décision est également en contradiction avec la Charte des Droits fondamentaux qui stipule dans son article 1 que "la dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée".
"Ainsi nous alertons l'opinion publique sur la gravité de cette décision (...). Nous invitons nos concitoyens européens, et spécialement les catholiques, à prendre conscience de l'enjeu anthropologique de ce débat sur la dignité humaine. Nous les invitons à s'engager pour que s'ouvre un tel débat (...) en prévision de la seconde lecture au Parlement européen à l'automne."
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© genethique.org |
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Zenit 27/07/06 |
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Après des discussions difficiles, le Conseil des ministres est parvenu à un accord, lundi 24 juillet, sur le financement européen de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Le 7ème Programme-cadre de recherche et de développement (PCRD) devrait donc être adopté. Le projet sera examiné en deuxième lecture par le Parlement à l'automne. La décision du Conseil des ministres dit premièrement qu'il est interdit au chercheur de supprimer l'embryon humain pour en extraire les cellules souhaitées. Mais en second point, elle affirme que le chercheur peut avoir recours à des lignées de cellules produites par d'autres. Il est aussi précisé que le clonage humain à des fins reproductrices, la création d'embryons uniquement dans des buts de recherche et les activités visant à modifier de façon importante l'héritage génétique des êtres humains seront exclus des financements communautaires. La Pologne, l'Autriche, Malte, la Slovaquie et la Lituanie ont rejeté cette proposition, refusant de "battre en brèche les principes d'éthique les plus fondamentaux" selon le ministre polonais Michal Sewerynski. La Grande-Bretagne, la Suède, l'Espagne, le Portugal et la France, ont, eux, plaidé pour ce projet. "On ne peut pas imaginer que l'Europe prenne du retard" a déclaré François Goulard, ministre français de la recherche. L'Allemagne, l'Italie, la Slovénie et le Luxembourg ont finalement accepté ce qu'ils considèrent comme un compromis. Le compromis porte sur les modalités de recherche sur les cellules souches embryonnaires. Sous la pression de l'Allemagne qui interdit à ses chercheurs de créer de nouvelles lignées de cellules souches embryonnaires, la Commission européenne s'est engagée à ne pas présenter de programme de recherche impliquant la destruction d'embryons humains. Dans Zenit, Mgr Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la Vie, revient sur la décision du Conseil des ministres. Cette mesure interdit au chercheur de supprimer l'embryon humain pour en extraire les cellules souhaitées. Mais elle précise que ce chercheur - ou d'autres chercheurs - peut avoir recours à des lignées de cellules produites par d'autres : d'autres qui ont, naturellement, supprimé des embryons - qu'ils soient ou non issus de fécondations artificielles, mais de toute façon des embryons vivants - et qui à partir de ces embryons ont produit des lignées de cellules ensuite commercialisées. "On établit donc une convergence d'intérêts entre celui qui vend et prépare les lignées de cellules et celui qui achète" note Mgr Sgreccia. Enfin, cette décision prévoit que l'on peut établir des protocoles de recherche visant à utiliser les embryons déjà congelés qui ne peuvent plus être implantés, après avoir constaté la mort des embryons. Mgr Sgreccia souligne que : "pour vérifier la mort de ces embryons congelés, il est nécessaire de les décongeler, processus au cours duquel certains meurent". "On ne voit donc pas comment il est possible d'emprunter cette voie sans provoquer des suppressions d'embryons" a-t-il conclu, relevant "l'hypocrisie, la discordance, d'une décision au caractère contradictoire". Le Vatican a lui aussi dénoncé cet accord jugé "macabre". Libération cite L'Osservatore Romano, journal officiel du Vatican : "Les mêmes phrases, les mêmes concepts sont repris par ceux qui sont ponctuels à leur rendez-vous macabre lorsqu'il s'agit de supprimer la vie. Le discours non plus n'a pas changé : au temps du divorce, on parlait d'entrer dans un "espace de progrès" ; pour l'avortement, on a préféré [...] brandir un obscur "progrès de la civilisation", comme si la civilisation pouvait progresser en tuant un être vivant auquel on ne reconnaît aucun droit". |
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Zenit 25/07/06 - Libération 26/07/06 - Le Monde (Philippe Ricard) 26/07/06 - Le Figaro 26/07/06 |
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Deux organismes américains, le National Research Council et l'Institute of Medecine, ont rendu publiques leurs recommandations sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
Ils recommandent la création de comités ESCRO (Embryonic Stem Cell Research Oversight), chargés d'examiner, notamment sur le plan éthique et juridique, les projets de recherche sur les cellules souches embryonnaires issues d'embryons créés pour la fécondation in vitro ou par clonage.
Le rapport de ces deux organismes propose de réglementer aussi le don d'embryons (interdiction de le rémunérer,...) et la création de chimères (fusion de cellules humaines et animales).
Ces recommandations n'ont pas force de loi, mais pourraient s'imposer dans les grands organismes de recherche.
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Info Science 06/05/05 |
http://www.genethique.org/revues/revues/2005/mai/06_05_05.htm#2
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