Alliance et Fécondité

 

 L'association Alliance et Fécondité a pour but d'aider les couples souffrant de stérilité
à trouver leur propre fécondité.

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Lundi 4 février 2008

L'Agence de la Biomédecine publie aujourd'hui le bilan 2002-2005 de l'assistance médicale à la procréation (AMP). "D'une manière générale, le recours aux différentes techniques d'aide à la procréation durant la période 2002-2005 est relativement stable", commente François Thépot, professeur d'embryologie et de cytogénétique et adjoint au directeur médical de l'agence.

En 2005, 19 026 enfants sont nés d'une technique AMP, ce qui représente 2.4% des naissances, soit 1 enfant sur 40. En 2005, 57 777 inséminations artificielles (IA) ont été réalisées, ce qui représente une augmentation de 1.06% par rapport à 2004. Les micro-injections directes de spermatozoïdes dans l'ovocyte (ICSI) ont augmenté de 1.14%, entre 2004 et 2005, pour atteindre les 30 049 injections. Les transferts d'embryons congelés (TEC) ont eux aussi augmenté : 13 539 transferts ont été réalisés en 2005, soit une croissance de 1.2%. Le nombre de fécondation in vitro (FIV) a lui diminué entre 2004 et 2005, passant de 21 749 à 21 635.

L'âge des femmes engagées dans une FIV ou une ICSI avec le sperme de leur mari a globalement augmenté. Le nombre de femmes de 32 ans et plus a augmenté de 1.12% (18 733) ; celui des femmes de 33 à 38 ans de 1.13% (19 929) ; celui des femmes de 39 à 41 ans de 1.09% (6 475) et celui des femmes de 42 ans et plus de 1.01% (1 949).

Dans 51 375 cas, les inséminations artificielles ont été "intraconjugales", c'est-à-dire réalisées avec les cellules sexuelles du couple. Dans 6 402 cas, les IA ont été faites à partir de dons de spermatozoïdes. 1 enfant sur 625 nés après une AMP a été conçu avec la cellule sexuelle d'un tiers.

Le nombre d'AMP avec don d'ovocytes a en effet augmenté : en 2005, 1 213 demandes ont été jugées recevables mais toutes n'ont pas pu être satisfaites. Selon l'agence, il aurait fallu 700 dons d'ovocytes contre 168 effectifs. "Une pénurie à laquelle nous avons commencé à remédier en autorisant le don d'ovocyte direct, et non plus obligatoirement congelé", ajoute François Thépot. L'Agence de la Biomédecine devrait aussi lancer, au printemps, une campagne de sensibilisation afin d'augmenter le nombre de donneuses. 

Le taux de réussite d'une AMP, en terme de naissances, reste autour de 20% par tentative. Par ailleurs, l'Agence de la Biomédecine déplore le taux élevé de grossesses multiples, "situation qui réclame de meilleurs pratiques de stimulation ovarienne ainsi qu'une réduction du nombre d'embryons transférés dans l'utérus".

Fin 2005, on recensait 141 460 embryons, conçus in vitro pour 38 274 couples, congelés. 58% d'entre eux faisaient, fin 2005, l'objet d'un projet parental.

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Synthèse de presse bioéthique du mardi 29/01/08

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Lundi 4 février 2008

Alors que l'Agence de la Biomédecine présente aujourd'hui le bilan 2002-2005 de l'assistance médicale à la procréation (AMP), La Croix consacre un dossier aux "nouveaux dilemmes des médecins de l'infertilité".

Les "médecins de l'infertilité" sont de plus en plus souvent confrontés à de nouvelles demandes auxquelles les textes législatifs n'apportent pas toujours de réponse claire. La loi du 6 août 2004 prévoit que l'AMP soit accessible à un couple formé d'un homme et d'une femme "vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans".

Pour Nicolas Foureur, médecin du Centre d'éthique clinique de Paris, "il y a plusieurs raisons à ces nouvelles demandes" : "l'amélioration des techniques bien sûr, qui ouvre le champ des possibles, mais aussi une appréhension différente de la place du patient qui, notamment depuis la loi du 4 mars 2002, a davantage son mot à dire".

Ces demandes "hors normes" relèvent principalement de l'âge des demandeurs : comment interpréter la condition "en âge de procréer" posée par la loi ? Pour les femmes, "il existe un relatif consensus pour ne pas aller au-delà de 43 ans", témoigne Jean-Marie Kunstmann, responsable du Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) de Cochin. Si techniquement le don d'ovocytes rend possible des grossesses tardives, la Sécurité sociale ne prend plus en charge la fécondation in vitro (FIV) au-delà de 43 ans.

Concernant les hommes, la question est plus difficile à trancher : "depuis quelques années, ils sont un nombre croissant à demander une congélation de leur sperme vers 60 ou 65 ans" et "aujourd'hui, on se dit qu'il est possible de refaire sa vie après 60 ans, y compris avec un projet parental", explique le Dr Kunstmann.

Que répondre à un couple où l'homme et la femme sont tous deux atteints de mucoviscidose ? A un couple en situation de précarité économique ? De clandestinité ? "Qui peut juger de l'intérêt de l'enfant à naître", s'interroge Nicolas Foureur.

René Frydman, gynécologue obstétricien présenté comme le "père" d'Amandine, premier "bébé éprouvette" français, considère que "l'élément dominant, c'est le risque que présente une éventuelle grossesse, notamment après un certain âge". "Pour le reste, je m'interdis d'entrer dans ce qui fait le désir d'enfant", poursuit-il.

Jean-Noël Hugues, médecin à Bondy, préfère s'en remettre à une décision collégiale prise après un échange entre collègues. D'autres sollicitent volontiers l'avis du Centre d'éthique clinique. Pour tous, "cette aide est précieuse car on se sent souvent seul face à ces questions qui dépassent notre compétence", souligne Jean-Marie Kunstmann. "Dès lors que la technique permet de transgresser les repères naturels, c'est aussi à la société de dire jusqu'où il faut aller."

C'est ce qui devrait être fait au cours de la prochaine révision des lois de bioéthique, prévue en 2009. Parmi les questions qui devraient être débattues, il y a celle de l'accès à l'assistance à la procréation. La Croix a interrogé Véronique Fournier, médecin et responsable du Centre d'éthique clinique de Cochin et à Sophie Marinopoulos, psychanalyste au CHU de Nantes, sur le sujet.

Pour Véronique Fournier, "cette ouverture éventuelle pose la question importante du financement". Notre système de santé reposant sur des financements publics, la société dispose d'un droit de regard sur ce qu'elle finance et donc sur ce que, en le finançant, elle cautionne. "Si on ouvre largement l'accès à l'AMP, cela signifiera-t-il que la société cautionne cette ouverture et qu'elle est prête à l'assumer financièrement ?" "C'est la logique qui a été retenue jusque là : payer également pour tous à condition qu'ils respectent les règles publiques, sous-entendu les règles de la "moralité" publique." Mais aujourd'hui, pour Véronique Fournier, il est plus difficile de discerner ce qu'il est possible ou non d'imposer au nom de la "moralité" publique : "sur quels arguments éthiques refuser les demandes d'AMP ?", s'interroge-t-elle. "Mais si l'on ouvre l'accès aux AMP, la demande va exploser." "Sommes-nous prêts à l'assumer "moralement" jusqu'à la financer ?" "La question est celle de savoir ce qu'il est "juste" de dépenser au plan éthique pour l'AMP, comparativement aux autres dépenses de santé", conclut-elle.

Sophie Marinopoulos juge que "nous n'aurons pas le choix de nous opposer à un tel élargissement, car il est déjà possible, au-delà des frontières, pour qui le veut, d'obtenir une AMP". Elle propose concrètement d'instaurer une forme d'agrément, comme dans un processus d'adoption. "Assumons donc une position adulte et arrêtons de vouloir, comme les enfants, que tous nos désirs se réalisent. Disons plutôt : "Non, tout n'est pas possible", et créons un espace de réflexion pour les personnes qui ont des demandes hors norme", conclut-elle.

Le quotidien livre enfin le point de vue de l'Eglise catholique qui, depuis Donum Vitae en 1987, s'inquiète de la dissociation entre sexualité et procréation engendrée par l'AMP. "En substituant un acte technique à l'étreinte des corps, on pervertit la relation à l'enfant : celui-ci n'est plus un don mais un dû", explique Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation romaine pour l'éducation catholique. Autre dissociation dénoncée par l'Eglise : celle des parentés, lorsque l'on fait appel à un tiers donneur de cellule sexuelle. L'insémination artificielle avec donneur (IAD) "lèse les droits de l'enfant, le prive de la relation filiale à ses origines parentales, et peut faire obstacle à la maturation de son identité personnelle". "Il n'est pas indifférent, pour la personnalité de l'enfant, d'avoir été engendré dans une éprouvette", souligne le Père de Longeaux, théologien et prêtre parisien qui anime des sessions pour couples sans enfants.

L'Eglise met par ailleurs en garde contre "la perte de valeur de l'embryon", du fait de la "réduction embryonnaire" (avortement sélectif pour ne laisser qu'un embryon se développer après en avoir implanté plusieurs) et de la congélation et utilisation des embryons dits "surnuméraires". "Tout se passe comme si l'embryon qui n'est pas porté par un "projet parental" n'avait pas de valeur", remarque le Père de Malherbe, enseignant en bioéthique à l'Ecole Cathédrale. Or, l'embryon est un être humain à part entière et, dès sa conception, "on doit lui reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable à la vie".

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Synthèse de presse bioéthique du mardi 29/01/08

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Lundi 4 février 2008

Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon revient sur la question des mères porteuses et la mise en place en France d'un groupe de travail à l'initiative de la commission des affaires sociales et de la commission des lois du Sénat

L'affaire de Dominique et Sylvie, ce couple français qui a eu recours à une mère porteuse américaine pour donner naissance à des jumelles a effectivement relancé le débat. Cette affaire est loin d'être isolée puisque de nombreux couples s'engagent dans le tourisme procréatif et font pression pour que cette pratique soit légalisée.

La maternité pour autrui peut s'envisager de deux façons. Soit la mère porteuse "loue" son utérus mais l'embryon est issu des gamètes des parents biologiques, soit elle est inséminée artificiellement par les spermatozoïdes du père en fournissant un de ses ovocytes. En Europe, la gestation pour autrui est autorisée en Grande-Bretagne, en Belgique et en Grèce et tolérée aux Pays-Bas, au Danemark et en Finlande. En 2005, un parlementaire préconisait une dépénalisation de la pratique et une harmonisation des législations européennes.

En France, cette pratique est interdite comme l'indique l'article 16-7 du Code civil : "Toute convention portant sur la procréation ou la gestion pour le compte d'autrui est nulle". En effet, dans l'esprit de notre droit, la mère est celle qui donne la vie sauf en ce qui concerne l'adoption. Par ailleurs, explique Pierre-Olivier Arduin, "aller contre cette disposition multiséculaire serait tenir pour rien la relation materno-foetale, au moment où celle-ci est de plus en plus documentée, dans sa contribution à construire la personnalité de l'enfant".

Aux Etats-Unis, la jurisprudence a réglé l'éventualité de la survenue de conflits en considérant comme souveraine l'expression de l'autonomie individuelle des 2 parties qui signent le contrat, c'est-à dire qu'aucun recours de la mère porteuse n'est possible.

Du côté de la mère porteuse, il s'agit d'une instrumentalisation de sa personne même si elle est volontaire. Mettre à disposition ses fonctions de reproduction, entraîne une confusion entre procréation, reproduction et simple production d'une marchandise, en l'occurrence l'enfant. "L'incompatibilité entre la dignité humaine et le rôle purement instrumental donné au corps est irrémédiable", explique Pierre-Olivier Arduin.

Du côté de l'enfant, l'Institut européen de bioéthique évoque la chosification de l'enfant car la mère porteuse s'engage "à céder l'enfant qu'elle aura porté en posant un acte de disposition relatif à une personne. Il s'en suit une réification de l'enfant traité non comme un sujet de droit, mais comme un objet de créance ou comme une chose due en vue du contrat". Et il s'interroge de ce qu'il adviendra de l'enfant s'il ne répond pas aux désirs du commanditaire.

Renoncer à un enfant et le céder moyennant argent nous "fait basculer dans le monde des choses appropriables et disponibles, à l'inverse de la personne, radicalement indisponible", explique P.O. Arduin.

Enfin, il critique ceux qui souhaitent un encadrement de cette pratique jugeant qu'ils n'ont pas compris qu'il faut alors modifier tout l'édifice juridique avec les principes "d'indisponibilité du corps humain et de distinction entre les choses et les personnes".

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Synthèse de presse bioéthique du lundi 28/01/08

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Lundi 4 février 2008
En Australie, un couple a engagé des poursuites contre une clinique de fertilité pour ne pas avoir eu, via une fécondation in vitro, le bébé qu’ils avaient "commandé". Ils souhaitent être dédommagés des dépenses médicales que demandera leur fils et percevoir une compensation financière pour le "choc émotionnel" ressenti.

D’après le couple, leur clinique leur avait promis de faire un diagnostic pré-implantatoire afin de sélectionner les embryons exempts d’un gène cancéreux dont la mère est porteuse. Sur les huit embryons créés, deux ont été jugés sains et réimplantés. Mais, trois mois après la naissance, les médecins ont découvert que l’enfant était porteur du gène cancéreux.

Le couple justifie sa démarche en répétant qu’il aurait adopté un enfant ou n’en aurait pas eu du tout, si la clinique ne lui avait pas promis un enfant indemne.

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Synthèse de presse bioéthique du lundi 28/01/08

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Lundi 4 février 2008

Selon le journal belge Le soir, 2% des enfants nés en Belgique sont issus d'une assistance médicale à la procréation (PMA). Ce taux devrait monter à 10% d'ici 15 à 20 ans.

A l'heure actuelle, 1 couple sur 6 demanderait à avoir recours à une PMA, contre 7 sur 100 en 1993. Ces données doivent tenir compte des nombreuses demandes venant des pays voisins.

"Ce qui explique cette évolution, c'est avant tout l'évolution de la société. Les femmes ont des enfants de plus en plus tard", explique le Dr Autin, responsable de la PMA au CHU Saint Pierre à Bruxelles.

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Synthèse de presse bioéthique du jeudi 24/01/08

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