Don d'embryons: le Conseil fédéral a indiqué mardi ne même pas vouloir en entendre parler
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=7342015&cKey=1165924574000
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
|
Choisir sa fécondité dans la fidélité à son alliance |
||
|
La communauté des croyants est appelée à éclairer et à soutenir la souffrance de ceux qui ne peuvent réaliser une légitime aspiration à la
paternité et à la maternité. Donum vitae
|
||
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=7342015&cKey=1165924574000
ZENIT, Agence d'information - Le monde vu de Rome.
ZF06120510 2006-12-05
France : « Téléthon » et expérience sur les embryons, suite du dialogue
Une synthèse de presse de la fondation Lejeune
ROME, Mardi 5 décembre 2006 (ZENIT.org) – La synthèse de presse de la fondation Jérôme Lejeune (www.genethique.org) fait le point sur les derniers débats suscités autour de l’utilisation des fonds du « Téléthon » pour financer la recherche sur les embryons humains.
Le quotidien français « La Croix » consacre son cahier central "Science & Ethique" au « Téléthon », programmée pour les 8 et 9 décembre, et au débat qu'il suscite autour des expériences sur l'embryon et de la pratique du diagnostic préimplantatoire.
Dans une interview avec l'Association française contre les myopathies (AFM), La Croix revient sur la répartition des dons récoltés par le Téléthon, sur les avancées scientifiques détaillées dans un encadré par le Prof. Axel Kahn, sur le choix de l'AFM de financer la recherche sur l'embryon .
La question du diagnostic préimplantatoire est abordée à travers le témoignage d'une famille qui a fait ce choix. Un choix présenté comme non eugénique puisque c'est celui d'une famille, confrontée au handicap, qui se bat pour "donner la vie". Ainsi naîtra Joséphine "en pleine santé", commente le journal.
Sous le titre, "les catholiques n'appellent pas au boycott", le journal cite les prises de position des uns et des autres et met en exergue la phrase de Jean-Christophe Parisot : "Notre Seigneur nous demande du concret, un verre d'eau, une visite, un fauteuil électrique, et non des envolées lyrico-moralisantes"...
Hier soir, Jacques Chirac a estimé "compréhensible qu'il y ait des débats" et a rappelé que les recherches financées par le Téléthon étaient légales. Cette intervention du président de la République était prévue depuis quelques semaines à l'occasion des 20 ans du Téléthon.
"Téléthon, piège à dons" a titré pour sa part el quotidien « Libération ». Il dénonce vivement l'incontournable rendez-vous annuel qui "fait pleurer dans les chaumières et en profite pour nous faire les poches en loucedé".
Analyste des médias à l'université de Louvain (Belgique), Marc Lits regrette que le Téléthon "joue sur l'exhibition des enfants malades". Atteint de la polio et en fauteuil depuis 43 ans, André Jas s'insurge contre cette pratique : "mettre les handicapés sous un compteur à fric, ça nous ôte toute dignité, on passe pour des mendiants. Dès que ça s'arrête de monter, on fait venir les petits myopathes". Bien que Laurence Tiennot-Herment, présidente de l'Association française contre les myopathies (AFM), s'en défende : "on ne fait pas de misérabilisme", pour Libération : "le Téléthon et les émissions caritatives en général tirent sur la corde sensible, avec force émouvants défilés d'enfants malades". Et les journalistes de conclure : "le Téléthon c'est avant tout de la télé qui se barde de bons sentiments pour faire avaler la pire daube en boîte".
Pour sa part, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, se félicite du "vrai débat", qualifié d'"essentiel" par Mgr di Falco, évêque de Gap, suscité par la polémique sur le Téléthon et rendu possible par les médias.
D'aucuns diront que le débat n'a pas lieu d'être puisque, votée en 2004, la loi de bioéthique l'a clos. Pour Jean-Marie Le Méné, non seulement le débat n'a jamais eu lieu car la loi de 2004 a été votée "dans un silence assourdissant" comme le regrettait Mgr Barbarin, mais aussi, "il n'est pas interdit de penser que ce que la loi autorise n'est pas parfait". L'archevêque de Lyon l'a répété sur les ondes d'Europe 1, "ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral".
En soulignant "la grande et légitime diversité des prises de position", Jean-Marie Le Méné note que chacun reconnaît le problème éthique posé par certaines recherches financées par le Téléthon. Ainsi, même Didier Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), veut prévenir des risques de "l'excès des promesses thérapeutiques, de l'avenir des recherches en cours financées par les dons, du développement du diagnostic préimplantatoire (DPI) et de l'instrumentalisation de l'embryon humain". L'hebdomadaire La Vie en dénonçant la logique du "donnez et taisez-vous", juge dangereux de "renvoyer les convictions au placard".
Pour le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, "se battre pour le soin et la guérison, c'est pas tout à fait pareil que se mettre à trier les embryons, à les détruire et les utiliser comme si c'étaient des choses". Dans Valeurs Actuelles, une lectrice s'interroge : "Pour moi, ancienne pupille de la nation (mon père étant décédé des suites de déportation), certaines recherches sont tout aussi inacceptables que les expérimentations humaines entreprises dans les camps par des médecins. (...) Pourquoi ne fait-on pas savoir que les cellules souches du cordon sont tout aussi intéressantes pour la recherche que les cellules des embryons (...) ? Si les embryons humains n'ont pas droit au même respect qu'un être humain déjà né, comment peut-on s'étonner que certains adultes ne respectent plus la vie d'un jeune enfant ? (...) Comment voulez-vous que les enfants soient bien dans leur peau quand ils découvrent que seul "un projet parental" donne le statut de futur être humain ? (...) Si nous perdons de vue qu'un enfant a droit à avoir des parents (...), mais qu'aucun adulte n'a de droit à l'enfant, nous abandonnons notre spécificité d'êtres pensants".
Pour sortir de la crise, des voix se sont élevées comme celles de Jean-Christophe Parisot qui propose un "fléchage des dons" ou Mgr Dubost, évêque d'Evry, qui appelle au dialogue ou encore La Vie qui demande de renoncer à financer la recherche sur l'embryon. Paul, ancien organisateur du Téléthon en province, a lui finalement renoncé à y participer.
© genethique.org
Pour la journaliste Marianne Gomez de La Croix, les cellules souches embryonnaires "pourraient aussi déboucher plus tôt que prévu sur le traitement de maladies graves". Elle s'appuie sur les déclarations du Pr Marc Peschanski, mis à l'honneur dans ce dossier, qui travaille sur un projet de thérapie de la maladie de Huntington à partir de cellules souches embryonnaires. Depuis 2003, le Pr Peschanski travaille en collaboration avec l'AFM et en 2004 s'est installé avec son équipe au Généthon d'Ivry pour encadrer l'Institut I-Stem. Focalisés sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires, les chercheurs d'I-Stem ne travaillent pas sur les cellules souches adultes. Le chercheur Anselme Perrier explique : "la question ne se pose pas. Nous, les chercheurs, nous sommes pragmatiques. Or autant l'on sait que la piste des cellules souches embryonnaires est valide, car on dispose d'une pile de travaux scientifiques sur la question, autant il n'y a presque rien sur les cellules adultes".
Pour un certain nombre d'observateurs, le principe de la recherche sur l'embryon est incompatible avec les principes éthiques fondateurs, notamment celui de la dignité de la personne humaine.
Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France, explique que le principe de la dignité repose sur "la connaissance d'une valeur (...) qui exclut toute instrumentalisation de l'être humain", et de ce fait de l'embryon humain.
Bertrand Mathieu, professeur de droit à Paris I, montre que, jusqu'à maintenant, le législateur a réaffirmé les principes éthiques tout en proposant des dérogations. Il remarque qu'"aujourd'hui, la dérogation s'étend au point de devenir la règle ! Cela pose la question de savoir si l'on veut rompre avec nos principes et considérer que l'embryon est un pur matériau".
Valérie Pecresse, député UMP des Yvelines, rapporteur de la loi de bioéthique, estime que "le principe de dignité doit être soumis à interprétation, comme tous les principes, et être confronté aux réalités de la société dans laquelle on vit. Il doit se comprendre au regard d'autres impératifs, comme l'intérêt général". Pour Valérie Pecresse, l'enjeu est : "un agrégat de cellules" peut-il être utilisé au "bénéfice de la santé" ?
Claude Sureau, gynécologue, président honoraire de l'Académie de médecine, reconnaît à l'embryon un "caractère indéniablement humain" mais considère que si "l'embryon a un droit à l'existence", "ce droit n'est pas absolu. Il passe après, par exemple, le bien-être de l'humanité". Claude Sureau, pour qui le principe de dignité doit être mis en balance avec celui de la compassion, est, de ce fait, favorable au clonage thérapeutique.
Catherine Labrusse-Riou, professeur de droit à Paris I, sonne le signal d'alarme sur le "processus de production de l'humain" que notre société est en train de mettre en œuvre. Elle prévient : "il s'agit d'une rupture profonde aux conséquences incalculables. Car si l'on est produit, on n'est plus libre, et la vie devra alors se justifier par la qualité qu'elle présente. C'est très grave".
Mgr Pierre d'Ornellas, évêque coadjuteur de Rennes, rappelle que l'Eglise approuve la recherche sur l'embryon à des fins thérapeutiques pour l'embryon lui-même et défend la dignité des plus petits, "si impuissants devant l'apparence toute-puissance de la science". Notre devoir d'homme est de respecter l'embryon "comme une personne dès le premier instant de son existence" (Donum Vitae). Mgr d'Ornellas rappelle que ce devoir s'impose en particulier aux scientifiques : "Tous ont été des embryons. Ils reconnaissent qu'il eut été criminel de faire des recherches sur eux en menaçant leur intégrité ou leur vie, et remercient ceux qui ont agi avec humanité à leur égard quand ils étaient ces plus fragiles". Mgr d'Ornellas poursuit : "que chacun se souvenant de ce qu'il a été, soit frère en humanité des plus fragiles, les embryons" quelque soit leur mode de conception. Il considère que c'est notre part d'inhumain qui nous conduit à détruire l'embryon, "le plus fragile des humains". Enfin, il conclut : "notre extraordinaire connaissance de l'embryon est un appel : apprenons à vivre avec pleine humanité ! L'embryon, présent au milieu de nous, est un cri lancé à nos sociétés pour qu'elles soient plus humaines".
|
© genethique.org |
| Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction. |
|
La Croix (Marianne Gomez) 21/11/06 |
|
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) fait l'actualité. D'un côté, le Téléthon est contesté par certains parce qu'il utilise la technique du DPI. De l'autre, fin septembre, deux équipes de généticiens (de Montpellier et de Strasbourg) ont annoncé vouloir d'élargir le DPI à l'identification, sur l'embryon créé in vitro, d'une "prédisposition" à certains cancers (cf. revue de presse du). Derrière le DPI, issu des avancées de la génétique et de l'assistance médicale à la procréation, c'est la question de l'eugénisme qui se pose. C'est pourquoi, le DPI "ne peut pas ne pas inquiéter, émouvoir, passionner". En réalité, l'objet même de la fécondation in vitro, de "fournir une réponse thérapeutique à la stérilité", a vite été dépassé. Ainsi pour les couples exposés au risque de transmettre une anomalie génétique, le DPI s'appliquant aux embryons créés in vitro, permet de sélectionner les embryons malades et de n'implanter que les embryons exempts de l'anomalie génétique. Au moment des débats sur la légalisation du DPI au début des années 1990, les partisans du DPI ont fait valoir que cette pratique ne relevait que d'une "forme précoce de diagnostic prénatal", autorisé et encadré par la loi. Les adversaires du DPI, de leur côté, ont alerté sur le caractère eugénique du DPI et ses dérives. En 1994, le DPI fut voté : la loi de bioéthique prévoyait que le tri embryonnaire ne s'appliquait que dans le cas d'affections "d'une particulière gravité" et "incurables au moment du diagnostic". Sur l'extension du DPI à la prédisposition de certains cancers, le dossier a été saisi par l'Agence de la biomédecine et l'Institut national du cancer. Carine Camby, directrice de l'agence de la biomédecine, estime que cette extension est "contraire aux dispositions législatives en vigueur". Jean-Yves Nau conclut : "peut-on, en d'autres termes, accepter aujourd'hui en France un tri des embryons fondé non plus sur la certitude génétique, mais sur une probabilité statistique ?" |
|
© genethique.org |
|
Le Monde (Jean-Yves Nau) 16/11/06 |
Commentaires