Jeudi 14 décembre 2006

Don d'embryons: le Conseil fédéral a indiqué mardi ne même pas vouloir en entendre parler

Le don d'embryons n'est pas près d'être autorisé en Suisse. Le CF n'entend même pas établir un rapport destiné à lancer une discussion approfondie sur cette possibilité, a-t-il annoncé mardi.
Il recommande au Conseil national de rejeter un postulat de F.Gutzwiller(PRD/ZH). Pour le médecin radical, l'autorisation du don d'embryons devrait être analysée avec la future norme constitutionnelle et la loi régissant la recherche sur l'être humain.
 Le CF pense que la future loi doit juste réglementer l'utilisation d'embryons pour la recherche. Le CF reconnaît que le statut et le don d'embryons soulèvent des questions. (SWISS TXT)
12.12.2006 12:56

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=7342015&cKey=1165924574000

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Lundi 11 décembre 2006

Jean-Marie Le Méné*

À peine le président de la République avait-il terminé son discours de soutien inconditionnel au Téléthon, rappelant que le débat n’avait pas lieu d’être, qu’un rapport parlementaire demandait d’élargir la recherche sur l’embryon et d’autoriser le clonage. Ce rapport, contrairement aux propos présidentiels, démontrait deux choses : d’une part que le débat sur ces questions n’avait jamais été clos et d’autre part que l’AFM avait pesé d’un poids très important dans les recommandations présentées. Qu’on en juge plutôt. Douze personnes ont été reçues en auditions privées, sept d’entre elles relevant de l’État, quatre sur les cinq restant relevant du Téléthon ou de l’AFM : la présidente de l’AFM, la directrice de Généthon, deux responsables d’I-Stem (premier centre français de recherches sur l’embryon financé par le Téléthon) et le directeur de Cellectis. Quant aux auditions publiques du 22 novembre 2005, nous en avions rendu compte à l’époque : tous les scientifiques invités étaient favorables au clonage (c’était avant la chute du Pr. Hwang…), en particulier la présidente du comité scientifique de l’AFM et le Pr. Peschanski, coordonnateur d’I-Stem.

Le temps des mensonges

Ce pavé dans la mare, au lendemain des bonnes paroles des uns ou des autres, confirme tranquillement que la loi de bioéthique de 2004 n’est en rien une sécurité, que la demande de transgression est appuyée par ceux-là mêmes qui demandent qu’on leur fasse confiance et que le débat n’est ouvert qu’à ceux qui soutiennent aveuglement l’évolution de la loi mais pas à ceux qui posent des questions. Ces constats sont purement factuels et d’ailleurs non critiqués par l’AFM. À partir du moment où ce que l’on dit est vrai mais paraît déplaisant ou déplacé, il y a intérêt à discréditer ceux qui parlent faute de pouvoir contredire leurs paroles. Comme d’habitude, nous avons donc assisté à des exercices de diabolisation où les personnes visées appartiennent, par exemple, à des légions ultra catholiques, quand ils ne sont pas des membres très influents d’institutions très conservatrices, etc. Il ne leur manque plus que d’avoir participé aux attentats du 11 septembre. Hélas ! On connaît trop cette typologie sémantique qui n’est pas avare de superlatifs, de surenchères et d’hyperboles…

Deux arguments qui ont souvent été repris justifient une mise au point. D’abord la minimisation des chiffres. La recherche contestée ne représenterait que 2 % de l’argent du Téléthon. La belle affaire ! La peine de mort ne coûtait pas bien cher non plus en 1981. Et pourtant, on en a discuté et on l’a abolie. Pour une question de principe. Par ailleurs, c’est faire peu de cas de la vie des embryons qui sont détruits. Effectivement la vie d’un embryon n’étant pas valorisée, elle ne « coûte » rien, elle n’a plus aucun prix. Voir certaines bonnes âmes invoquer cet argument économique a quelque chose de profondément indigne. Et puis, si le problème ne portait vraiment que sur 2 %, imagine-t-on un instant que le président de la République serait ainsi monté au créneau et que la polémique aurait pris cette ampleur ?

L’autre argument est un reproche : pourquoi ne pas avoir ouvert de dialogue avec l’AFM ? N’en déplaise à ceux qui le formulent, je n’ai pas attendu le journal La Croix ni Mgr Dubost pour ouvrir un dialogue avec les dirigeants de l’AFM sur des questions éthiques. J’ai rencontré Bernard Barataud il y a plus de dix ans et débattu courtoisement mais en vain avec Éric Molinié. Aujourd’hui, je constate et regrette la radicalité des positions de l’AFM qui, en refusant le fléchage des dons, oblige le donateur de bonne foi et le volontaire généreux à adhérer à toutes les valeurs de l’association et donc à cautionner certains financements et positionnements qu’ils peuvent légitimement récuser en conscience. Quel choix leur reste-t-il alors ?

Le détournement du sacré

Le moment le plus fort de la semaine est tout de même venu du député PS, Manuel Valls, s’indignant avec virulence, devant l’Assemblée nationale, « qu’on porte atteinte à la laïcité ».

À cet égard, on assiste à un double paradoxe intéressant.

D’un côté le bloc État/Téléthon, qui édicte des dogmes : le progrès passe nécessairement par la transgression. Il exige une allégeance inconditionnelle : on soutient religieusement le Téléthon, on discutera éventuellement après s’il reste du temps. Il encense une sorte de liturgie compassionnelle : vous n’avez pas souffert (qu’en savent-ils d’ailleurs ?) donc vous ne pouvez pas comprendre. Il alimente des fantasmes : demain le clonage et les cellules souches embryonnaires nous guériront de tout. Il interdit l’esprit critique : pas un mot des thérapies cellulaires alternatives à partir des cellules souches adultes ou issues du sang de cordon ombilical qui ne posent aucun problème éthique.

De l’autre, l’Église émet des doutes : il n’est pas certain que l’instrumentalisation de l’embryon soit une panacée pour guérir la myopathie. Elle pose des questions : où est le progrès de la recherche et de la médecine quand on ne fait naître que des enfants en bonne santé après élimination des embryons ou des fœtus malades ? Elle évoque des évidences biologiques : l’embryon est un membre à part entière de l’espèce humaine qui mérite notre respect même s’il est malade. Elle ramène à la raison : que devient une technique qui ne reste pas exclusivement au service de l’homme ? Est-ce parce que c’est légal que c’est moral ?

En somme, on voit la société civile sombrer dans l’irrationnel en sacralisant la techno-science, en divinisant le progrès, bref en parlant le langage du mythe. Et on voit l’Église, au contraire, en appeler à la raison, à l’intelligence, à l’observation scientifique, à l’objectivité et à la compassion pour dire que la recherche et médecine doivent être humaines. Et que cette humanité est d’ailleurs la condition de son efficacité, de ses progrès et de son succès. La société civile est dans la certitude et l’intransigeance (« il faudrait presque envisager une opération commando pour obtenir les moyens de travailler correctement sur les cellules souches embryonnaires » disait déjà le Pr. Peschanski en décembre 2005). L’Église est dans le doute et la nuance : n’y a-t-il pas des moyens plus respectueux, plus rapides et plus rationnels pour soulager la souffrance que de prétendre supprimer des êtres pour en sauver d’autres ?

Si l’Église ne tenait pas ce langage de réalité, mais qui le tiendrait ? On l’a vu, elle est la seule institution, en France, aujourd’hui capable de dérouler une anthropologie différente, cohérente et solidaire face à l’eugénisme libertaire selon Michel Onfray demandant pour les parents le « tri cellulaire pour favoriser la configuration existentielle la plus hédoniste pour leurs enfants ».

Alors qui manipule qui dans cette affaire ? Dire de ceux qui ne sont pas d’accord qu’ils attentent à la laïcité ne repose sur rien. C’est juste une invective.

En l’occurrence, dans ce débat, seule l’Église est vraiment laïque car elle seule refuse l’archaïsme de la sacralisation du profane — qui est la vraie menace — et elle seule réserve le sacré à ce qui doit l’être : l’homme de ses premiers instants à son dernier souffle.



*Jean-Marie Le Méné est le président de la Fondation Jérôme-Lejeune.
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Mercredi 6 décembre 2006

ZENIT, Agence d'information - Le monde vu de Rome.

ZF06120510 2006-12-05

France : « Téléthon » et expérience sur les embryons, suite du dialogue

Une synthèse de presse de la fondation Lejeune

ROME, Mardi 5 décembre 2006 (ZENIT.org) – La synthèse de presse de la fondation Jérôme Lejeune (www.genethique.org) fait le point sur les derniers débats suscités autour de l’utilisation des fonds du « Téléthon » pour financer la recherche sur les embryons humains.

Le quotidien français « La Croix » consacre son cahier central "Science & Ethique" au « Téléthon », programmée pour les 8 et 9 décembre, et au débat qu'il suscite autour des expériences sur l'embryon et de la pratique du diagnostic préimplantatoire.

Dans une interview avec l'Association française contre les myopathies (AFM), La Croix revient sur la répartition des dons récoltés par le Téléthon, sur les avancées scientifiques détaillées dans un encadré par le Prof. Axel Kahn, sur le choix de l'AFM de financer la recherche sur l'embryon .

La question du diagnostic préimplantatoire est abordée à travers le témoignage d'une famille qui a fait ce choix. Un choix présenté comme non eugénique puisque c'est celui d'une famille, confrontée au handicap, qui se bat pour "donner la vie". Ainsi naîtra Joséphine "en pleine santé", commente le journal.

Sous le titre, "les catholiques n'appellent pas au boycott", le journal cite les prises de position des uns et des autres et met en exergue la phrase de Jean-Christophe Parisot : "Notre Seigneur nous demande du concret, un verre d'eau, une visite, un fauteuil électrique, et non des envolées lyrico-moralisantes"...

Hier soir, Jacques Chirac a estimé "compréhensible qu'il y ait des débats" et a rappelé que les recherches financées par le Téléthon étaient légales. Cette intervention du président de la République était prévue depuis quelques semaines à l'occasion des 20 ans du Téléthon.

"Téléthon, piège à dons" a titré pour sa part el quotidien « Libération ». Il dénonce vivement l'incontournable rendez-vous annuel qui "fait pleurer dans les chaumières et en profite pour nous faire les poches en loucedé".

Analyste des médias à l'université de Louvain (Belgique), Marc Lits regrette que le Téléthon "joue sur l'exhibition des enfants malades". Atteint de la polio et en fauteuil depuis 43 ans, André Jas s'insurge contre cette pratique : "mettre les handicapés sous un compteur à fric, ça nous ôte toute dignité, on passe pour des mendiants. Dès que ça s'arrête de monter, on fait venir les petits myopathes". Bien que Laurence Tiennot-Herment, présidente de l'Association française contre les myopathies (AFM), s'en défende : "on ne fait pas de misérabilisme", pour Libération : "le Téléthon et les émissions caritatives en général tirent sur la corde sensible, avec force émouvants défilés d'enfants malades". Et les journalistes de conclure : "le Téléthon c'est avant tout de la télé qui se barde de bons sentiments pour faire avaler la pire daube en boîte".

Pour sa part, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, se félicite du "vrai débat", qualifié d'"essentiel" par Mgr di Falco, évêque de Gap, suscité par la polémique sur le Téléthon et rendu possible par les médias.

D'aucuns diront que le débat n'a pas lieu d'être puisque, votée en 2004, la loi de bioéthique l'a clos. Pour Jean-Marie Le Méné, non seulement le débat n'a jamais eu lieu car la loi de 2004 a été votée "dans un silence assourdissant" comme le regrettait Mgr Barbarin, mais aussi, "il n'est pas interdit de penser que ce que la loi autorise n'est pas parfait". L'archevêque de Lyon l'a répété sur les ondes d'Europe 1, "ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral".

En soulignant "la grande et légitime diversité des prises de position", Jean-Marie Le Méné note que chacun reconnaît le problème éthique posé par certaines recherches financées par le Téléthon. Ainsi, même Didier Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), veut prévenir des risques de "l'excès des promesses thérapeutiques, de l'avenir des recherches en cours financées par les dons, du développement du diagnostic préimplantatoire (DPI) et de l'instrumentalisation de l'embryon humain". L'hebdomadaire La Vie en dénonçant la logique du "donnez et taisez-vous", juge dangereux de "renvoyer les convictions au placard".

Pour le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, "se battre pour le soin et la guérison, c'est pas tout à fait pareil que se mettre à trier les embryons, à les détruire et les utiliser comme si c'étaient des choses". Dans Valeurs Actuelles, une lectrice s'interroge : "Pour moi, ancienne pupille de la nation (mon père étant décédé des suites de déportation), certaines recherches sont tout aussi inacceptables que les expérimentations humaines entreprises dans les camps par des médecins. (...) Pourquoi ne fait-on pas savoir que les cellules souches du cordon sont tout aussi intéressantes pour la recherche que les cellules des embryons (...) ? Si les embryons humains n'ont pas droit au même respect qu'un être humain déjà né, comment peut-on s'étonner que certains adultes ne respectent plus la vie d'un jeune enfant ? (...) Comment voulez-vous que les enfants soient bien dans leur peau quand ils découvrent que seul "un projet parental" donne le statut de futur être humain ? (...) Si nous perdons de vue qu'un enfant a droit à avoir des parents (...), mais qu'aucun adulte n'a de droit à l'enfant, nous abandonnons notre spécificité d'êtres pensants".

Pour sortir de la crise, des voix se sont élevées comme celles de Jean-Christophe Parisot qui propose un "fléchage des dons" ou Mgr Dubost, évêque d'Evry, qui appelle au dialogue ou encore La Vie qui demande de renoncer à financer la recherche sur l'embryon. Paul, ancien organisateur du Téléthon en province, a lui finalement renoncé à y participer.

© genethique.org

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Mercredi 22 novembre 2006
Le quotidien La Croix consacre son dossier "Sciences et éthique" à la recherche sur l'embryon.

Pour la journaliste Marianne Gomez de La Croix, les cellules souches embryonnaires "pourraient aussi déboucher plus tôt que prévu sur le traitement de maladies graves". Elle s'appuie sur les déclarations du Pr Marc Peschanski, mis à l'honneur dans ce dossier, qui travaille sur un projet de thérapie de la maladie de Huntington à partir de cellules souches embryonnaires. Depuis 2003, le Pr Peschanski travaille en collaboration avec l'AFM et en 2004 s'est installé avec son équipe au Généthon d'Ivry pour encadrer l'Institut I-Stem. Focalisés sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires, les chercheurs d'I-Stem ne travaillent pas sur les cellules souches adultes. Le chercheur Anselme Perrier explique : "la question ne se pose pas. Nous, les chercheurs, nous sommes pragmatiques. Or autant l'on sait que la piste des cellules souches embryonnaires est valide, car on dispose d'une pile de travaux scientifiques sur la question, autant il n'y a presque rien sur les cellules adultes".

Pour un certain nombre d'observateurs, le principe de la recherche sur l'embryon est incompatible avec les principes éthiques fondateurs, notamment celui de la dignité de la personne humaine.

Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France, explique que le principe de la dignité repose sur "la connaissance d'une valeur (...) qui exclut toute instrumentalisation de l'être humain", et de ce fait de l'embryon humain.

Bertrand Mathieu, professeur de droit à Paris I, montre que, jusqu'à maintenant, le législateur a réaffirmé les principes éthiques tout en proposant des dérogations. Il remarque qu'"aujourd'hui, la dérogation s'étend au point de devenir la règle ! Cela pose la question de savoir si l'on veut rompre avec nos principes et considérer que l'embryon est un pur matériau".

Valérie Pecresse, député UMP des Yvelines, rapporteur de la loi de bioéthique, estime que "le principe de dignité doit être soumis à interprétation, comme tous les principes, et être confronté aux réalités de la société dans laquelle on vit. Il doit se comprendre au regard d'autres impératifs, comme l'intérêt général". Pour Valérie Pecresse, l'enjeu est : "un agrégat de cellules" peut-il être utilisé au "bénéfice de la santé" ?

Claude Sureau, gynécologue, président honoraire de l'Académie de médecine, reconnaît à l'embryon un "caractère indéniablement humain" mais considère que si "l'embryon a un droit à l'existence", "ce droit n'est pas absolu. Il passe après, par exemple, le bien-être de l'humanité". Claude Sureau, pour qui le principe de dignité doit être mis en balance avec celui de la compassion, est, de ce fait, favorable au clonage thérapeutique.

Catherine Labrusse-Riou, professeur de droit à Paris I, sonne le signal d'alarme sur le "processus de production de l'humain" que notre société est en train de mettre en œuvre. Elle prévient : "il s'agit d'une rupture profonde aux conséquences incalculables. Car si l'on est produit, on n'est plus libre, et la vie devra alors se justifier par la qualité qu'elle présente. C'est très grave".

Mgr Pierre d'Ornellas, évêque coadjuteur de Rennes, rappelle que l'Eglise approuve la recherche sur l'embryon à des fins thérapeutiques pour l'embryon lui-même et défend la dignité des plus petits, "si impuissants devant l'apparence toute-puissance de la science". Notre devoir d'homme est de respecter l'embryon "comme une personne dès le premier instant de son existence" (Donum Vitae). Mgr d'Ornellas rappelle que ce devoir s'impose en particulier aux scientifiques : "Tous ont été des embryons. Ils reconnaissent qu'il eut été criminel de faire des recherches sur eux en menaçant leur intégrité ou leur vie, et remercient ceux qui ont agi avec humanité à leur égard quand ils étaient ces plus fragiles". Mgr d'Ornellas poursuit : "que chacun se souvenant de ce qu'il a été, soit frère en humanité des plus fragiles, les embryons" quelque soit leur mode de conception. Il considère que c'est notre part d'inhumain qui nous conduit à détruire l'embryon, "le plus fragile des humains". Enfin, il conclut : "notre extraordinaire connaissance de l'embryon est un appel : apprenons à vivre avec pleine humanité ! L'embryon, présent au milieu de nous, est un cri lancé à nos sociétés pour qu'elles soient plus humaines".

© genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

La Croix (Marianne Gomez) 21/11/06

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Jeudi 16 novembre 2006

Le diagnostic préimplantatoire (DPI) fait l'actualité. D'un côté, le Téléthon est contesté par certains parce qu'il utilise la technique du DPI. De l'autre, fin septembre, deux équipes de généticiens (de Montpellier et de Strasbourg) ont annoncé vouloir d'élargir le DPI à l'identification, sur l'embryon créé in vitro, d'une "prédisposition" à certains cancers (cf. revue de presse du).

Derrière le DPI, issu des avancées de la génétique et de l'assistance médicale à la procréation, c'est la question de l'eugénisme qui se pose. C'est pourquoi, le DPI "ne peut pas ne pas inquiéter, émouvoir, passionner". En réalité, l'objet même de la fécondation in vitro, de "fournir une réponse thérapeutique à la stérilité", a vite été dépassé. Ainsi pour les couples exposés au risque de transmettre une anomalie génétique, le DPI s'appliquant aux embryons créés in vitro, permet de sélectionner les embryons malades et de n'implanter que les embryons exempts de l'anomalie génétique.

Au moment des débats sur la légalisation du DPI au début des années 1990, les partisans du DPI ont fait valoir que cette pratique ne relevait que d'une "forme précoce de diagnostic prénatal", autorisé et encadré par la loi. Les adversaires du DPI, de leur côté, ont alerté sur le caractère eugénique du DPI et ses dérives.

En 1994, le DPI fut voté : la loi de bioéthique prévoyait que le tri embryonnaire ne s'appliquait que dans le cas d'affections "d'une particulière gravité" et "incurables au moment du diagnostic".
Lors de la révision des lois de bioéthique, en 2004, il est prévu d'élargir le champ d'application du DPI au "bébé-médicament". Il s’agit de créer in vitro des embryons et de sélectionner celui dont le système immunitaire est compatible avec celui d’un frère ou d’une sœur malade, afin de prélever sur lui les tissus ou cellules nécessaires pour guérir l’aîné. Jean-Yves Nau interroge : "pouvait-on, en d'autres termes, s'autoriser à programmer la naissance d'un enfant qui, au stade embryonnaire de son développement, aurait été retenu au motif que certaines de ses caractéristiques biologiques permettraient, peut-être, de sauver son frère ou sa sœur, tôt condamnés à mort?". En 2002, le Comité consultatif national d'éthique, dans un avis, se montrait plutôt défavorable à cette pratique. Une minorité seulement avait soutenu la légalisation des bébé médicaments "par souci de solidarité". L'extension du DPI au bébé médicament est finalement voté dans le cadre de la loi de bioéthique de 2004. Les décrets d'application ne sont pas encore parus.

Sur l'extension du DPI à la prédisposition de certains cancers, le dossier a été saisi par l'Agence de la biomédecine et l'Institut national du cancer. Carine Camby, directrice de l'agence de la biomédecine, estime que cette extension est "contraire aux dispositions législatives en vigueur". Jean-Yves Nau conclut : "peut-on, en d'autres termes, accepter aujourd'hui en France un tri des embryons fondé non plus sur la certitude génétique, mais sur une probabilité statistique ?"

© genethique.org

Le Monde (Jean-Yves Nau) 16/11/06

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