Mercredi 7 mars 2007

Paris, 27 février 2007 CNRS


Jusqu'à présent, seules des mutations du récepteur de l'hormone LH (1) permettaient d'expliquer une puberté précoce chez les garçons. Une équipe de l'Institut de génétique et biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, CNRS / Inserm / Université Louis Pasteur de Strasbourg), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Dallas et de l'Université de Louvain, vient d'identifier un régulateur clef de la fertilité masculine : la protéine SHP (2). Son implication majeure dans le contrôle de la synthèse de la testostérone et dans la différenciation des cellules germinales au sein des testicules de souris a ainsi été mise en évidence. Ces travaux publiés, dans la revue Genes & Development, suggèrent que les voies de signalisation contrôlées par SHP méritent d'être explorées chez les hommes présentant des troubles de la fertilité.

La puberté résulte de modifications endocriniennes programmées dès la différenciation sexuelle chez l'embryon et le fœtus. Elle se caractérise par des modifications anatomiques : maturation des caractères sexuels primaires (pénis, scrotum, testicules) et apparition des caractères sexuels secondaires (pilosité, mue de la voix, croissance...).

Ces changements dépendent du fonctionnement du cerveau et notamment d'une glande neuroendocrinienne, l'hypophyse, qui sécrète deux hormones : la FSH (3) et la LH. Ces deux hormones agissent sur les testicules et provoquent la production de sperme ainsi que la sécrétion de la testostérone. Cette hormone est notamment responsable du développement des caractères sexuels secondaires chez les garçons. A l'heure actuelle, les mutations du récepteur de la LH sont les seules causes connues de puberté précoce chez les garçons, démontrant l'importance de cette voie de signalisation dans le contrôle du système endocrinien.

A l'Institut de génétique et biologie moléculaire et cellulaire, un nouvel acteur impliqué dans la maturation sexuelle chez les souris mâles, la protéine SHP, a été identifié. Pour l'équipe de Johan Auwerx, il s'agissait de mieux comprendre le déclenchement de la synthèse de testostérone au niveau testiculaire, en étudiant le rôle de cette protéine.

 Deux modèles de souris ont été considérés : le premier possédait cette protéine alors que le second n'en avait pas. Le résultat a été étonnant : les souris dépourvues de SHP sont capables de se reproduire environ une semaine plus tôt que les souris témoins.

Une différence notable étant donné qu'en règle générale les souris mâles sont sexuellement matures dès 7 à 8 semaines. De plus, les souris sans SHP, indépendamment d'une activité accrue de l'hypophyse, produisent davantage de testostérone précocement, entraînant une maturation prématurée des caractères sexuels primaires.

En parallèle, la protéine SHP contrôle le timing de la différenciation des cellules germinales (4) en inhibant le métabolisme des acides rétinoïques (5) (voir figures). Aussi, des mutations de la protéine SHP pourrait être recherchées afin de mieux comprendre certaines pubertés précoces aux causes encore inconnues. Il faut également souligner que SHP, de par sa famille d'appartenance, est une cible thérapeutique potentielle grâce au développement de nouveaux ligands synthétiques. Ces travaux ouvrent donc de nouvelles perspectives de recherche en vue d'améliorer la production des spermatozoïdes chez les hommes présentant des troubles de fertilité.

Des études complémentaires sont indispensables pour comprendre l'ensemble des mécanismes impliqués dans la maturation sexuelle chez les garçons. Toutefois, ces résultats définissent d'ores et déjà un nouvel acteur impliqué dans le contrôle de la fertilité masculine.

Notes :
(1) La LH, hormone lutéinisante, stimule la sécrétion de testostérone par les cellules des testicules.
(2) SHP (small heterodimer partner) appartient à la famille des récepteurs nucléaires dont l'activité est modulable par des ligands agonistes ou antagonistes.
(3) La FSH, hormone folliculostimulante, entraîne la maturation des spermatozoïdes chez l'homme.
(4) Les cellules germinales regroupent les spermatozoïdes chez l'homme et les ovules chez la femme, produits respectivement par les testicules et les ovaires.
(5) Les rétinoïdes ou acides rétinoïques, substances dérivées de la vitamine A, interviennent dans toute une série d'événements pour l'édification d'un organe, pour la formation de la peau, du système nerveux et des cellules du sang. Au niveau testiculaire, ces molécules jouent un rôle important puisque des carences en vitamine A causent des troubles de la fertilité. Récemment, elles ont été identifiées comme des acteurs clés pour l'entrée en différenciation des cellules germinales.

Références :
The small heterodimer partner is a gonadal gatekeeper of sexual maturation in male mice. David H. Volle, Rajesha Duggavathi, Benjamin C. Magnier, Sander M. Houten, Carolyn L. Cummins, Jean-Marc A. Lobaccaro, Guido Verhoeven, Kristina Schoonjans & Johan Auwerx. Genes & Development (février 2007)

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1041.htm


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Mercredi 7 mars 2007

7sur7.be - 7mars 2007

Les hommes qui veulent avoir une descendance devraient rayer de leur programme les bains trop longs, trop chauds et les longues sessions de bains à bulles. Une étude américaine a confirmé le lien entre "la chaleur" et "la stérilité" des hommes. Les résultats ont été publiés dans The journal of the Brazilian Society of Urology.

Pour réaliser cette expérience, des hommes (qui prenaient régulièrement des bains) ont été interdits de baignades à haute température. Après trois mois, il est apparu que la qualité de leur sperme était près de cinq fois meilleure. L’étude démontre que la moitié des hommes qui prennent moins de bains ont un sperme de meilleure qualité. L’autre moitié se composait de fumeurs, ce qui fausse les résultats.

Bien que cette étude soit l’une des premières en la matière, les résultats ne sont pas surprenants. Il est déjà connu que les spermatozoïdes apprécient le froid. C’est aussi la raison pour laquelle les testicules se trouvent en dehors du corps. La température corporelle (environ 37°) est trop élevée pour les spermatozoïdes. Pour ces raisons, les sous-vêtements trop serrés sont également déconseillés.

http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/art_398406.html?wt.bron=homeArt17

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Vendredi 2 mars 2007
Moins de problèmes d’ovulation avec les produits laitiers « entiers »

 Paris, le 28 /02/07. Le Journal Santé .com

Si vous avez du mal à tomber enceinte, vous feriez mieux d’abandonner le lait écrémé et les yaourts et de vous mettre au lait entier et aux glaces. C’est en tout cas ce que suggèrent les résultats d’une étude très sérieuse menée par des chercheurs du département de nutrition de l’Ecole de santé publique de Harvard à Boston (Massachusetts, Etats-Unis).

Ce sont les résultats éparpillés et contradictoires de plusieurs études menées précédemment sur le lien entre consommation de produits laitiers et fertilité qui ont amené le Dr Jorge Chavarro à se pencher plus sérieusement sur le sujet.

Avec ses collaborateurs, il a utilisé les données de la fameuse étude des infirmières (la Nurse Health Study) et identifié parmi les 116 000 participantes, 18 555 femmes âgés de 24 à 42 ans sans problème de fertilité. Les scientifiques ont suivi ces femmes durant 8 années. Une fois tous les deux ans, un questionnaire leur demandant si elles avaient tenté de procréer, si elles y étaient parvenues au delà d’un an et, en cas d’infertilité, si elles en connaissaient la raison leur a été envoyé. En parallèles, les volontaires ont fourni aux chercheurs une série d’informations concernant leurs habitudes alimentaires au cours des dernières années. Au terme des 8 ans de suivi, 438 femmes se ont révélée rencontrer des difficulté à procréer en raison de problèmes d’ovulation.

Résultats : les femmes qui consomment quotidiennement au moins deux portions de produits laitiers « écrémés » ont un risque d’avoir des difficultés à ovuler augmenté de 85% par rapport à celles qui en consomment moins d’une fois par semaine. Au contraire, le risque d’infertilité est réduit de 27% chez les femmes qui consomment au moins une fois par semaine des produits laitiers « entiers » par rapport à celles qui en consomment seulement une fois par semaine ou moins. Et ce, même lorsqu’on tient compte des autres facteurs de risques tels que l’âge, l’indice de masse corporelle, le nombre de calories consommées chaque jour, l’activité physique, le tabagisme, l’alcoolisme ou l’utilisation d’un moyen de contraception.

« Ce n’est pas la quantité totale de crème consommée quotidiennement qui est liée à l’infertilité, c’est seulement lorsqu’on sépare les produits entiers des produits écrémés que l’on trouve une association positive entre le fait de consommer plus de 5 portions hebdomadaires de produits écrémés et le risque d’infertilité et une association négative entre la consommation de produits entiers et ce même risque » explique le Dr Chavarro.

Ses résultats montrent qu’en mangeant une portion supplémentaire de produit écrémé par jour, un yaourt 0% par exemple, on augmente de 11% le risque d’avoir des problèmes à ovuler. Mais seulement si on ne change pas la quantité totale de calories que l’on ingère dans la journée. Au contraire, si on prend quotidiennement une portion supplémentaire de produit laitier, un verre de lait entier par exemple, on diminue le risque d’infertilité de 22%. L’étude montre par ailleurs que lorsqu’une femme mange au moins deux glaces par semaine, c’est à dire un produit laitier riche en crème, son risque de stérilité est inférieur de 38% à celui de celle qui en mange moins d’une fois par semaine.

Comment expliquer cet effet ? Pour les chercheurs, il y a dans la crème du lait des substances dissoutes qui améliorent le fonctionnement des ovaires. Les études précédentes suggéraient que le lactose, le principal glucide du lait, était à l’origine des problèmes d’infertilité. Cette nouvelle étude ne permet pas de confirmer cette hypothèse ni d’attribuer au calcium, au phosphore ou à la vitamine D les problèmes d’ovulation que rencontrent certaines femmes.

Véronique Molénat

J.E. Chavarro, J.W. Rich-Edwards, B. Rosner, and W.C. Willett, A prospective study of dairy foods intake and anovulatory infertility, Hum. Reprod. Advance Access published on February 28, 2007.
(28/02/2007, L.J.S.)

http://bienetre.nouvelobs.com/site/actu.asp?ID=4393&Rub=Maternit%E9

 

par Véronique Molénat (Journal Santé) publié dans : Fertilité
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Mardi 23 janvier 2007
Jean Bouyer (Inserm), coresponsable de l'Observatoire épidémiologique de la fertilité nouvellement créé:
Par Sandrine CABUT
QUOTIDIEN : samedi 20 janvier 2007
 
 
Y a-t-il des troubles de la fertilité chez les couples français ? L'exposition à des polluants joue-t-elle un rôle sur les capacités de reproduction ? Pour répondre à ces questions, le tout jeune Observatoire épidémiologique de la fertilité va lancer une étude inédite. A partir de septembre, mille couples qui cherchent à mettre en route une grossesse seront suivis.
 
L'Insee vient d'annoncer que 2006 était une année record pour les naissances en France. Mais on parle depuis longtemps d'une baisse de la fertilité des hommes. Qu'en est-il ? 
Ce qui est certain, c'est que la qualité du sperme s'est altérée ces dernières décennies, dans beaucoup de pays. En 1992, des Danois ont publié un article montrant qu'en cinquante ans, la concentration des spermatozoïdes était passée de 100 à 60 millions par millilitre de sperme. Ces chercheurs avaient repris toutes les études publiées depuis 1938 sur le sujet, principalement en Amérique du Nord et en Europe. Depuis, d'autres enquêtes, notamment françaises, ont confirmé ce constat. Ce taux de 60 millions par millilitre n'est pas inquiétant à l'échelle d'un individu. Mais Rémy Slama [l'autre coresponsable de l'Observatoire de la fertilité, ndlr] a montré qu'une telle diminution peut avoir des conséquences sur la fertilité des populations, en augmentant la proportion des couples susceptibles d'avoir des problèmes pour concevoir.
Des facteurs d'environnement sont suspectés. Pourquoi? 
A cause de la globalité du phénomène, de son ampleur et de sa rapidité. De plus, parallèlement aux modifications de la composition du sperme, les chercheurs ont constaté une augmentation des cancers du testicule et de certaines malformations congénitales comme les cryptorchidies (testicules non descendus dans les bourses, NDLR) et les hypospadias (orifice de l'urètre en position anormale sur le gland, NDLR). Tout cela évoque un trouble général de la fonction reproductrice chez l'homme, qui pourrait être dû à des perturbateurs endocriniens. Les pesticides et les phtalates, qui sont des composants des plastiques, sont ainsi accusés. Mais on manque de données globales car les études sont difficiles à faire.
Est-ce si complexe de mesurer la fertilité d'une population ? 
Pour les hommes, l'examen de base est le spermogramme, mais c'est difficilement utilisable dans une enquête. En effet, seulement 30 % des hommes acceptent de le faire, ce qui peut biaiser les résultats du point de vue épidémiologique. La fertilité féminine peut être appréciée par des examens hormonaux. Mais une proportion importante de femmes prend la pilule, ce qui perturbe les dosages. Il faut donc s'intéresser à un paramètre plus facilement mesurable et étudier le délai de conception d'un couple. Jusque-là, les études ont été rétrospectives, c'est-à-dire qu'on a interrogé des femmes qui avaient accouché pour savoir combien de temps elles avaient mis pour être enceintes. En moyenne, le délai est de six mois ; 80 à 90 % des couples parviennent à mettre en route une grossesse en un an. Toutefois, ces enquêtes ne disent rien de ceux qui n'ont pas réussi.
Comment allez-vous procéder
pour contourner ces écueils ?
L'originalité de notre étude est qu'elle va s'intéresser aux couples au moment où ils essaient de faire un enfant. Mille seront recrutés, grâce à une enquête téléphonique, via un institut de sondage. Il n'est cependant pas suffisant de demander directement aux personnes si elles recherchent une grossesse, car les réponses à cette question, a priori simples, sont plus subjectives qu'on le croit. L'idée est donc de sélectionner des femmes, entre 18 et 45 ans, qui ont un partenaire sexuel masculin et ne prennent pas de contraception. Nous avons démontré la faisabilité de cette méthode lors d'une étude préliminaire sur 70 couples. En moyenne, il faut contacter 50 foyers pour en avoir un éligible. Au passage, cette étude pilote a permis de confirmer l'effet négatif du tabac sur la fertilité.
Qu'attendez-vous de cette étude ? 
L'un des objectifs est d'évaluer l'effet de l'exposition des couples à des polluants de l'air et de l'eau pendant la période où ils essaient de concevoir. Pour l'air, nous étudierons principalement la teneur en NO2 et en particules à partir des données des organismes qui suivent la qualité de l'air dans chaque région. Pour l'eau de boisson, nous suivrons le triallométhane et les produits de dégradation de la chloration, grâce aux mesures des compagnies de distribution. Une discussion est en cours pour faire des analyses sur les cheveux, où se concentrent les métaux lourds. Nous enverrons aussi aux femmes un kit urinaire pour vérifier qu'il y a bien une ovulation. Les premiers résultats sont attendus fin 2008. Nous espérons ensuite suivre les couples, et répéter l'étude.
 
par Webmaster publié dans : Fertilité
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Mardi 23 janvier 2007

En observant le succès des cliniques de fertilité et les statistiques sur la diminution du nombre de spermatozoïdes, on pourrait croire que l'infertilité est un problème grandissant. Mais si on avait tout faux?

1992 a été une grosse année pour l'infertilité. Une gynécologue danoise a publié une vaste étude montrant que la qualité du sperme humain diminuait sans cesse depuis les années 30, lançant un débat statistique qui perdure encore. Et la romancière britannique P.D. James a publié son roman Children of Men, qui décrit un monde où il n'y a plus de grossesses, et qui vient d'être mis à l'écran avec Clive Owen et Julianne Moore en vedette.

Depuis, l'infertilité s'est imposée comme l'un des thèmes majeurs du tournant du millénaire. La dénatalité et le vieillissement de la population rendent les enfants plus rares, ce qui renforce l'impression qu'un fléau d'ampleur biblique s'est abattu sur l'Occident.

À la conférence annuelle de la Société européenne de reproduction et d'embryologie humaines, en 2005, un expert britannique, William Ledger de l'Université de Sheffield, a affirmé que la proportion de couples infertiles doublerait à 20% d'ici 2015. Le Dr Ledger a cité quatre explications à ce phénomène : la baisse du nombre de spermatozoïdes dans le sperme, à cause de la pollution, l'augmentation du nombre de MTS comme le chlamydia, qui peuvent endommager les trompes de Fallope des femmes, la crise de l'obésité, qui mène parfois à des problèmes d'ovulation, et l'âge de plus en plus tardif auquel les femmes ont des enfants.

Et pourtant, le taux d'infertilité a baissé légèrement entre 1982 et 2002, selon une étude publiée par des démographes américains l'an dernier dans la revue Fertility and Sterility. La proportion de femmes mariées qui ne parvenaient pas à concevoir pendant plus de 12 mois, malgré l'absence de moyens de contraception, est passée de 8,5 % à 7,4 % durant cet intervalle.


Une étude contestée


Marc Villeneuve, directeur médical de la clinique Procréa, n'est pas surpris des résultats de l'étude. «Les gens attendent moins qu'avant quand ils veulent des enfants, explique-t-il. Ils sont plus impatients; ils ont dès le départ des relations au moment adéquat, ce qui fait qu'il y a moins de délai de conception. Ils sont aussi plus prudents face aux maladies transmises sexuellement. Ceci dit, il n'est pas évident de transposer des résultats américains à la population canadienne. Et il s'agit de couples mariés, une catégorie qui est sociologiquement à la baisse.» Le Dr Villeneuve ne connaît pas d'étude canadienne similaire.

Les conjoints de fait n'ont pas été pris en considération parce qu'ils étaient trop peu nombreux en 1982, explique l'une des coauteures de l'étude, Anjani Chandra, du Centre national de statistiques sur la santé, au Maryland. «Mais rien ne permet de penser qu'ils ont des problèmes de fertilité plus importants que les couples mariés, observe-t-elle. Il y a une distorsion entre la réalité et la perception populaire que l'infertilité est un problème grandissant. Je crois que cela est dû à un phénomène de la fin des années 90 : les problèmes de conception d'un certain nombre de baby-boomers dans la quarantaine qui avaient retardé le moment d'avoir des enfants. En nombre absolu, ça peut être impressionnant, mais relativement au nombre total de mariages, c'est insignifiant.»

La revue Fertility and Sterility a publié quatre commentaires sur l'étude de Mme Chandra, dont trois attaquaient sa méthodologie. Tout en reprochant à l'auteure d'être démographe - et non médecin ou biologiste -, les critiques soulignent qu'une autre mesure de l'infertilité, la «fécondité affaiblie», a augmenté durant cette période, de 11 % à 15 %.

Cette mesure est trop subjective, répond Mme Chandra. «Une femme peut être classée dans la catégorie "fécondité affaiblie" si elle estime qu'elle a de la difficulté à concevoir, dit-elle. C'est un concept qui varie énormément d'une personne à l'autre. Ça peut traduire le fait que les couples qui veulent avoir un enfant deviennent impatients plus rapidement qu'avant. La proportion de femmes qui ont recours aux cliniques de fertilité reste stable depuis une décennie, autour de 1 % pour l'insémination artificielle et de 0,3 % pour la fécondation en éprouvette.»

Le Dr Ledger, qui avait affirmé en 2005 que le taux d'infertilité allait doubler, balaie les arguments de Mme Chandra du revers de la main. «Cette étude dit, que si elles sont traitées, les MTS ne causent pas de dommages aux trompes, affirme-il en entrevue téléphonique. En théorie, c'est vrai, mais en pratique ça reste à voir. Il est vrai, également, que les problèmes d'ovulation ont surtout été détectés chez les femmes très obèses. Encore là, on peut penser qu'il y a des problèmes encore indétectables qui vont se révéler à mesure que le taux d'obésité augmentera. Enfin, les effets de la chute du nombre de spermatozoïdes dans le sperme ne sont pas encore cliniquement apparents, mais je crois qu'ils le deviendront.»

Quoi qu'il en soit, l'angoisse que suscite l'infertilité est là pour rester, selon Linda Hammer Burns, psychologue de l'Université du Minnesota, qui a publié un manuel sur l'infertilité. «Les baby-boomers arrivent à l'âge d'être grands-parents, indique-elle. Beaucoup d'entre eux avaient fait des projets de retraite où ils s'occupaient de leurs petits-enfants. Et voilà qu'ils constatent qu'il n'y a pas de petits-enfants. Je vois de plus en plus de couples qui subissent des pressions importantes de la part des parents et des beaux-parents parce qu'ils n'ont pas d'enfants. C'est l'une des raisons importantes qui explique que l'infertilité soit devenue un psychodrame national.»

Les services de fertilité

Proportion des femmes américaines de 15-44 ans qui utilisent un service de fertilité:

Total : 11,9%

Conseils : 6,1%

Tests : 4,8%

Médicaments pour ovuler : 3,8%

Médicaments contre les fausses couches : 5,5%

Traitements pour trompes bloquées : 0,7%

Insémination artificielle : 1,1%

Fécondation en éprouvette : 0,3%

L'infertilité au fil des ans

Proportion des femmes mariées qui mettent plus de 12 mois à concevoir aux États-Unis:

1966 : 11,2%

1982 : 8,5%

2002 : 7,4%

_________________
Source : CDC

Mathieu Perreault

http://www.cyberpresse.ca/article/20070122/CPACTUEL/701220597/1015/CPACTUEL

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