Jeudi 14 février 2008
Dominique Mehl, sociologue au CNRS, vient de publier Enfants du don, un livre-enquête sur les familles qui ont eu recours au don de gamètes dans leur parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Le Monde publie une interview de cette sociologue.

Dominique Mehl évoque en premier lieu le "tabou" qui continue de peser sur la stérilité : beaucoup de couples ont du mal à l'assumer (d'autant qu'aujourd'hui la médecine permet de pallier ou surmonter ces stérilités) ; certaines femmes culpabilisent et certains hommes le vivent comme une atteinte à leur virilité. Et cela est d'autant plus vrai que "nous sommes dans des sociétés où l'enfant est pivot du quotidien, de la construction des vies".

Dans ce parcours long et semé d'embûches qu'est la PMA, les couples témoignent souvent de leur solitude et d'un manque de soutien psychologique, d'un lieu d'écoute et d'accompagnement. Les difficultés engendrées par cette solitude sont accentuées par le fait que "la médecine procréative est devenue presque industrielle".

Pour Dominique Mehl, choisir de recourir au don de gamètes est une décision toujours complexe à prendre parce qu'"il y a des potentialités liées au patrimoine génétique qui seront léguées et qui peuvent induire des caractéristiques (...) chez l'enfant qui va naître" et que ce don brouille les repères familiaux. Elle a par ailleurs constaté que cette étape ne s'oublie jamais.

Elle aborde ensuite la question du secret des origines : faut-il révéler ou non à l'enfant d'où il vient ? Il y a peu de temps encore, la culture du secret dominait à ce sujet, mais, aujourd'hui, elle est remise en cause par les critiques des psychanalystes et psychologues. Et, maintenant que certains enfants connaissent leur histoire (1/4 environ), ils s'interrogent. Beaucoup de parents continuent néanmoins à ne pas révéler à leur enfant l'origine de leur conception. Ceux qui l'ont appris à l'adolescence témoignent d'un vrai choc et de l'impression d'avoir vécu des années dans le mensonge.

© genethique.org
Synthèse de presse bioéthique du mercredi 13/02/08


par AllianceetFécondité publié dans : Fécondation In Vitro et PMA communauté : La cigogne greviste...
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Vendredi 8 février 2008

Un article - signé par P. Revidi, pédopsychiatre (CECOS, Hôpital Cochin, Paris) et B. Beauquier-Macotta, pédopsychiatre (Hôpital Necker-Enfants malades, Paris) - paru sur le site Internet spécialisé www.emc-consulte.com fait le point sur l’assistance médicale à la procréation (AMP) en France.

Les auteurs introduisent leur étude par un rapide historique des techniques d'AMP, de leur développement depuis les années 1970 et les replacent dans le contexte de la loi de bioéthique de 2004. Ils dressent ensuite la liste des différentes techniques d'AMP (de l'insémination avec le sperme du conjoint au don d'embryon en passant par la micro-injection d'un spermatozoïde dans l'ovocyte) tout en les expliquant brièvement et en précisant le nombre de naissances obtenues par chaque technique.

Les auteurs s'attachent ensuite à étudier le développement psychologique des "enfants AMP" et l'adaptation des familles à ces nouvelles voies de procréation. Ils proposent des axes de réflexion afin de comprendre la construction du lien de parenté dans ces situations particulières qui se situent en dehors de la filiation génétique.

Puis ils abordent la question de la souffrance psychique qu'entraînent la stérilité et les processus d'AMP. Diagnostic de la stérilité, attente du démarrage des tentatives d'AMP, angoisse de l'échec, inquiétudes quant aux incidences des méthodes d'AMP sur l'enfant etc. sont autant de situations anxiogènes pour les couples et peuvent impacter sur leur sexualité et leur stabilité.

Les pédopsychiatres étudient aussi la question du devenir des enfants nés par AMP tout en précisant qu'ils ne disposent pas de données indiscutables, trop peu d'études ayant été réalisées sur le sujet. Les résultats semblent néanmoins "rassurants jusqu'à 12 ans".

Enfin, ils dressent la liste des nouvelles demandes sociales auxquelles sont confrontées les acteurs de l'AMP à l'heure où la structure familiale est profondément bouleversée et où le "droit à l'enfant pour tous" est largement revendiqué : demandes tardives, insémination des femmes seules, couples séro-différents, couple où l'homme est transsexuel...

Ces nouvelles demandes sont d'autant plus difficiles à encadrer qu'il est facile de se rendre dans d'autres pays pour obtenir ce qu'on veut. "Au plan mondial, un véritable "marché" s'est développé (marché procréatique) sans aucune régulation, pour répondre aux demandes d'enfant des pays riches auxquelles répondent des offres dans des pays moins développés." Aux Etats-Unis, par exemple, il est possible d'acheter du sperme (275$ la dose) ou des ovocytes (entre 2 500$ et 50 000$ selon les critères morphologiques et raciaux de la vendeuse).

Les auteurs évoquent en conclusion le débat dont fait l'objet le "secret des origines". Aujourd'hui, le taux de révélation par les parents ne dépasse pas 20% des enfants nés par insémination artificielle avec donneur (IAD).

Pour lire l'étude, cliquez ici

 

© genethique.org
Synthèse de presse bioéthique du jeudi 07/02/08

par Webmaster publié dans : Fécondation In Vitro et PMA
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Lundi 4 février 2008
L'Agence de biomédecine française vient de  créer un nouveau site consacré à la PMA : www.procreationmedicale.fr . 

Elle n'a pas lésiné sur les moyens !

On y trouve une information approfondie sur la procréation humaine, tant naturelle qu'artificielle. Des chiffres sur l'efficacité de la PMA, les répercussions sur le couple, les textes de loi, l'histoire de la PMA, un annuaire de liens.

Chaque traitement légal possible en France, jusqu'à l'accueil d'embryon, est détaillé.

La FAQ (Foire aux questions) est originale : ce sont des praticiens qui répondent en vidéo !

Quelques témoignages choisis pour être émouvants sur différentes situations de la PMA.

Les différentes situations de fécondation sont expliquées en images animées.

L'adoption aussi est évoquée et on peut télécharger un guide de l'AMP reprenant une bonne partie des informations du site.

Malgré tout ces moyens mis en oeuvre, pas une seule fois les problèmes éthiques ne sont évoqués. Pourtant ce n'est pas parce que c'est légal que cela ne pose aucun problème aux couples. De même le problème des mères porteuses, ni l'accès à la PMA aux couples homosexuels, ni l'eugénisme via le Diagniostic préimplantatoire ne sont abordés.

Un site beau, lisse, pour la promotion de la PMA.

©Alliance et Fécondité
par Webmaster publié dans : Fécondation In Vitro et PMA
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Lundi 4 février 2008

L'Agence de la Biomédecine publie aujourd'hui le bilan 2002-2005 de l'assistance médicale à la procréation (AMP). "D'une manière générale, le recours aux différentes techniques d'aide à la procréation durant la période 2002-2005 est relativement stable", commente François Thépot, professeur d'embryologie et de cytogénétique et adjoint au directeur médical de l'agence.

En 2005, 19 026 enfants sont nés d'une technique AMP, ce qui représente 2.4% des naissances, soit 1 enfant sur 40. En 2005, 57 777 inséminations artificielles (IA) ont été réalisées, ce qui représente une augmentation de 1.06% par rapport à 2004. Les micro-injections directes de spermatozoïdes dans l'ovocyte (ICSI) ont augmenté de 1.14%, entre 2004 et 2005, pour atteindre les 30 049 injections. Les transferts d'embryons congelés (TEC) ont eux aussi augmenté : 13 539 transferts ont été réalisés en 2005, soit une croissance de 1.2%. Le nombre de fécondation in vitro (FIV) a lui diminué entre 2004 et 2005, passant de 21 749 à 21 635.

L'âge des femmes engagées dans une FIV ou une ICSI avec le sperme de leur mari a globalement augmenté. Le nombre de femmes de 32 ans et plus a augmenté de 1.12% (18 733) ; celui des femmes de 33 à 38 ans de 1.13% (19 929) ; celui des femmes de 39 à 41 ans de 1.09% (6 475) et celui des femmes de 42 ans et plus de 1.01% (1 949).

Dans 51 375 cas, les inséminations artificielles ont été "intraconjugales", c'est-à-dire réalisées avec les cellules sexuelles du couple. Dans 6 402 cas, les IA ont été faites à partir de dons de spermatozoïdes. 1 enfant sur 625 nés après une AMP a été conçu avec la cellule sexuelle d'un tiers.

Le nombre d'AMP avec don d'ovocytes a en effet augmenté : en 2005, 1 213 demandes ont été jugées recevables mais toutes n'ont pas pu être satisfaites. Selon l'agence, il aurait fallu 700 dons d'ovocytes contre 168 effectifs. "Une pénurie à laquelle nous avons commencé à remédier en autorisant le don d'ovocyte direct, et non plus obligatoirement congelé", ajoute François Thépot. L'Agence de la Biomédecine devrait aussi lancer, au printemps, une campagne de sensibilisation afin d'augmenter le nombre de donneuses. 

Le taux de réussite d'une AMP, en terme de naissances, reste autour de 20% par tentative. Par ailleurs, l'Agence de la Biomédecine déplore le taux élevé de grossesses multiples, "situation qui réclame de meilleurs pratiques de stimulation ovarienne ainsi qu'une réduction du nombre d'embryons transférés dans l'utérus".

Fin 2005, on recensait 141 460 embryons, conçus in vitro pour 38 274 couples, congelés. 58% d'entre eux faisaient, fin 2005, l'objet d'un projet parental.

© genethique.org
Synthèse de presse bioéthique du mardi 29/01/08

par Webmaster publié dans : Fécondation In Vitro et PMA
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Lundi 4 février 2008

Alors que l'Agence de la Biomédecine présente aujourd'hui le bilan 2002-2005 de l'assistance médicale à la procréation (AMP), La Croix consacre un dossier aux "nouveaux dilemmes des médecins de l'infertilité".

Les "médecins de l'infertilité" sont de plus en plus souvent confrontés à de nouvelles demandes auxquelles les textes législatifs n'apportent pas toujours de réponse claire. La loi du 6 août 2004 prévoit que l'AMP soit accessible à un couple formé d'un homme et d'une femme "vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans".

Pour Nicolas Foureur, médecin du Centre d'éthique clinique de Paris, "il y a plusieurs raisons à ces nouvelles demandes" : "l'amélioration des techniques bien sûr, qui ouvre le champ des possibles, mais aussi une appréhension différente de la place du patient qui, notamment depuis la loi du 4 mars 2002, a davantage son mot à dire".

Ces demandes "hors normes" relèvent principalement de l'âge des demandeurs : comment interpréter la condition "en âge de procréer" posée par la loi ? Pour les femmes, "il existe un relatif consensus pour ne pas aller au-delà de 43 ans", témoigne Jean-Marie Kunstmann, responsable du Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) de Cochin. Si techniquement le don d'ovocytes rend possible des grossesses tardives, la Sécurité sociale ne prend plus en charge la fécondation in vitro (FIV) au-delà de 43 ans.

Concernant les hommes, la question est plus difficile à trancher : "depuis quelques années, ils sont un nombre croissant à demander une congélation de leur sperme vers 60 ou 65 ans" et "aujourd'hui, on se dit qu'il est possible de refaire sa vie après 60 ans, y compris avec un projet parental", explique le Dr Kunstmann.

Que répondre à un couple où l'homme et la femme sont tous deux atteints de mucoviscidose ? A un couple en situation de précarité économique ? De clandestinité ? "Qui peut juger de l'intérêt de l'enfant à naître", s'interroge Nicolas Foureur.

René Frydman, gynécologue obstétricien présenté comme le "père" d'Amandine, premier "bébé éprouvette" français, considère que "l'élément dominant, c'est le risque que présente une éventuelle grossesse, notamment après un certain âge". "Pour le reste, je m'interdis d'entrer dans ce qui fait le désir d'enfant", poursuit-il.

Jean-Noël Hugues, médecin à Bondy, préfère s'en remettre à une décision collégiale prise après un échange entre collègues. D'autres sollicitent volontiers l'avis du Centre d'éthique clinique. Pour tous, "cette aide est précieuse car on se sent souvent seul face à ces questions qui dépassent notre compétence", souligne Jean-Marie Kunstmann. "Dès lors que la technique permet de transgresser les repères naturels, c'est aussi à la société de dire jusqu'où il faut aller."

C'est ce qui devrait être fait au cours de la prochaine révision des lois de bioéthique, prévue en 2009. Parmi les questions qui devraient être débattues, il y a celle de l'accès à l'assistance à la procréation. La Croix a interrogé Véronique Fournier, médecin et responsable du Centre d'éthique clinique de Cochin et à Sophie Marinopoulos, psychanalyste au CHU de Nantes, sur le sujet.

Pour Véronique Fournier, "cette ouverture éventuelle pose la question importante du financement". Notre système de santé reposant sur des financements publics, la société dispose d'un droit de regard sur ce qu'elle finance et donc sur ce que, en le finançant, elle cautionne. "Si on ouvre largement l'accès à l'AMP, cela signifiera-t-il que la société cautionne cette ouverture et qu'elle est prête à l'assumer financièrement ?" "C'est la logique qui a été retenue jusque là : payer également pour tous à condition qu'ils respectent les règles publiques, sous-entendu les règles de la "moralité" publique." Mais aujourd'hui, pour Véronique Fournier, il est plus difficile de discerner ce qu'il est possible ou non d'imposer au nom de la "moralité" publique : "sur quels arguments éthiques refuser les demandes d'AMP ?", s'interroge-t-elle. "Mais si l'on ouvre l'accès aux AMP, la demande va exploser." "Sommes-nous prêts à l'assumer "moralement" jusqu'à la financer ?" "La question est celle de savoir ce qu'il est "juste" de dépenser au plan éthique pour l'AMP, comparativement aux autres dépenses de santé", conclut-elle.

Sophie Marinopoulos juge que "nous n'aurons pas le choix de nous opposer à un tel élargissement, car il est déjà possible, au-delà des frontières, pour qui le veut, d'obtenir une AMP". Elle propose concrètement d'instaurer une forme d'agrément, comme dans un processus d'adoption. "Assumons donc une position adulte et arrêtons de vouloir, comme les enfants, que tous nos désirs se réalisent. Disons plutôt : "Non, tout n'est pas possible", et créons un espace de réflexion pour les personnes qui ont des demandes hors norme", conclut-elle.

Le quotidien livre enfin le point de vue de l'Eglise catholique qui, depuis Donum Vitae en 1987, s'inquiète de la dissociation entre sexualité et procréation engendrée par l'AMP. "En substituant un acte technique à l'étreinte des corps, on pervertit la relation à l'enfant : celui-ci n'est plus un don mais un dû", explique Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation romaine pour l'éducation catholique. Autre dissociation dénoncée par l'Eglise : celle des parentés, lorsque l'on fait appel à un tiers donneur de cellule sexuelle. L'insémination artificielle avec donneur (IAD) "lèse les droits de l'enfant, le prive de la relation filiale à ses origines parentales, et peut faire obstacle à la maturation de son identité personnelle". "Il n'est pas indifférent, pour la personnalité de l'enfant, d'avoir été engendré dans une éprouvette", souligne le Père de Longeaux, théologien et prêtre parisien qui anime des sessions pour couples sans enfants.

L'Eglise met par ailleurs en garde contre "la perte de valeur de l'embryon", du fait de la "réduction embryonnaire" (avortement sélectif pour ne laisser qu'un embryon se développer après en avoir implanté plusieurs) et de la congélation et utilisation des embryons dits "surnuméraires". "Tout se passe comme si l'embryon qui n'est pas porté par un "projet parental" n'avait pas de valeur", remarque le Père de Malherbe, enseignant en bioéthique à l'Ecole Cathédrale. Or, l'embryon est un être humain à part entière et, dès sa conception, "on doit lui reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable à la vie".

© genethique.org
Synthèse de presse bioéthique du mardi 29/01/08

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